Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. ou première moitié du IIe s. après J.-C. (D’après le style)

[voir chronologie]

Stuc, polychromé à l’origine

H. 25 CM : l. 16,5 CM : P. 11,5 CM

Co. 3252

Commentaire

Etat de conservation

Le visage est complet, une partie du cou est conservée. Un pli indique peut-être à cet endroit le départ du plastron.
Certaines zones, comme le menton, ont perdu de la matière. La couche de finition est très usée.
Trois mèches de cheveux à droite et deux perles de la boucle d’oreille à gauche ont disparu. Une boucle de cheveux à droite est en partie cassée.
La polychromie a totalement disparu.

Description

Le masque est celui une femme à la coiffure de style ptolémaïque. La chevelure, dépourvue de raie médiane, est faite d’ondulations crantées, recouvertes à l’origine par un voile à l’arrière, aujourd’hui en grande partie disparu. Sur le front, les tempes et devant les oreilles sont disposées des boucles torsadées schématiques, et le long du cou pendent de longues « anglaises » (mèches torsadées).

Le visage est d’un ovale assez allongé. La courbe des sourcils et le contour des yeux sont en léger relief, les yeux étaient peints à l’origine. Le nez, relativement grand, est légèrement busqué à son extrémité. La bouche est petite et souriante. La lèvre supérieure est plus importante que la lèvre inférieure. Le menton est marqué d’une fossette. Les oreilles sont sommairement dessinées. Les lobes sont ornés de boucles d’oreilles composées d’un anneau muni de trois perles à l’avant.

 

Le visage est standard, typique de la fabrication en série de Touna el-Gebel (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes.). Il est proche du masque Co. 3250 de la même collection – plus rond, et le dessin de la bouche est un peu différent – et davantage encore du masque AF 12736 conservé au musée du Louvre, à Paris (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 181, F4).

La coiffure est d’inspiration ptolémaïque, typique du Ier siècle après J.-C. Le masque Co. 3246 du musée Rodin en est un autre exemple, à la différence que plusieurs rangées superposées de bouclettes couvrent le front. Le visage, en ovale allongé et uniquement peint, est par ailleurs assez similaire.

Un autre masque analogue – à la fois pour le visage et la coiffure - est le masque fragmentaire AF 12624 du musée du Louvre (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 78, B 4). Sa provenance est inconnue et il est daté de la première moitié du IIe s. après J.-C.

D’autres exemples de ce type de masque, avec des variantes dans le haut de la coiffure (parfois agrémentée d’une couronne de fleurs), sont représentés dans GRIMM 1974, pl. 68-71. Le masque le plus proche est sans aucun doute celui qui est conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, A.F. 801, figuré pl. 69-3.

Cette coiffure ne se rattache à aucune mode romaine contemporaine. Elle semble plutôt symboliser la divinisation de la défunte, identifiée à Isis (L’Orient Romain et Byzantin au Louvre 2012, p. 374). En effet, une figure en terre cuite d’époque ptolémaïque, représentant cette déesse, conservé au musée du Louvre (E 28004) porte ces longues torsades héritées de l’époque pharaonique, plus précisément du Nouvel Empire.

C’est par ailleurs une coiffure identique que porte la reine Arsinoé II divinisée, sur une statue en calcaire conservée au Metropolitan Museum of Art de New York, Inv. 20.2.21. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 20).

Les boucles d’oreilles composées d’un anneau muni de deux ou trois perles à l’avant sont assez fréquemment portées par les femmes à l’époque romaine. On les retrouve représentées en deux dimensions sur les portraits dits « du Fayoum » (cf. Louvre N 2733-P 200 : 2012 L’Orient Romain et Byzantin au Louvre, fig. 355, p. 370).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Hôtel Biron, 175, "Joli masque de femme, en plâtre peint ayant fait partie d’une cuirasse de momie d’époque gréco-romaine. Les nattes de la coiffure retombent par groupes de quatre de chaque côté du cou. Anneaux aux oreilles ; le menton est légèrement abimé. Long. 35 cent. Environ. Estimé quatre cents francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

Le masque fut exposé dans une vitrine d'une salle de l'hôtel Biron et figurait sur la photographie prise par Eugène Druet en décembre 1913 (voir images historiques). Il figurait également sur une illustration de l'ouvrage de Gustave Coquiot, Rodin à l'hôtel Biron et à Meudon, publié à Paris en 1917.

 


 

 

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Tête de jeune garçon

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Première moitié du IIe siècle après J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé, verre peint

H. 17,5 CM : l. 17 CM : P. 20 CM

Co. 3251

Commentaire

Etat de conservation

Le dosseret est en grande partie conservé. L’extrémité du nez, cassée, a été restituée.
Des zones lacunaires dans l’épaisseur du matériau laissent apparaître une surface granuleuse. Un manque important est localisé derrière l’oreille droite, au niveau de la mèche de cheveux. Le stuc y semble rongé, creusé. Des cassures ont également entraîné des pertes de matière à l’avant du dosseret. Au revers, la plaque formant coque est en grande partie manquante. Des éclats ponctuels sont également visibles sur la joue gauche et sur l’arrière du dosseret.

La presque totalité de la polychromie a disparu. Du brun verdâtre dans la chevelure est encore présent dans le creux des mèches. D’infimes restes de noir marquent le contour des yeux. Le rose clair pour les carnations, très ponctuellement conservé (nez, bouche, menton, proximité des yeux, oreilles, cou, proximité des cheveux) et un rose plus foncé (dans la bouche et les narines).

Description

Ce « masque » funéraire est en réalité traité en ronde-bosse. Il s'agit du masque d'un jeune garçon, dont la nuque repose sur l’amorce d’un dosseret brisé, peint en blanc.

Les cheveux sont rendus par des traits sommairement gravés dans le plâtre et peints en noir. Ils sont ramenés sur la droite pour former la « mèche de l’enfance » modelée à part, puis rapportée derrière l’oreille droite.

Le visage était à l’origine peint en rose, avec des rehauts rose foncé, encore visibles sur la bouche et dans les narines.

Les yeux sont faits de plaquettes de verre enchâssées. Leur côté concave est peint en blanc pour la sclérotique et en noir pour l’iris. Les paupières modelées dans du stuc ont été ajoutées ensuite. Les bordures des paupières sont peintes en noir.

L’extrémité du nez, maladroitement restituée, ne correspond pas au volume original. Cette restitution inesthétique perturbe la bonne lecture du masque.

La bouche, à la lèvre inférieure tombante, est boudeuse. Les oreilles sont sommairement modelées et le menton pointu est légèrement en galoche.

 

 

La forme du visage est ovale, mais la rondeur des traits rappelle l’enfance, tout comme la moue boudeuse. Elle contraste avec le léger sourire qu’esquissent d’ordinaire les masques funéraires égyptiens d’époque romaine. On peut comparer ce visage d’enfant avec celui d’un autre masque conservé à Edimbourg (Inv. 1955.101) (GRIMM 1974, pl. 25-1.).

 

La coiffure est constituée de sillons gravés au moyen d’une sorte de peigne dans une épaisse couche de stuc emboîtant le crâne à la façon d’une calotte. Elle rappelle la coiffure sobre et stricte portée par l’empereur Trajan (98-117 après J.-C.). Celle-ci se prête en effet aisément à la schématisation (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 23.). Voir par exemple le masque Co. 1772 de la même collection, ainsi que la tête de statue Inv. 336 conservée à la Glyptothèque de Munich.

Sur le masque Co. 3251, les incisions apparaissent cependant très grossières et non régulières.

Un masque de garçon semblable est conservé au musée du Louvre, à Paris, sous le numéro d’inventaire AF 12622 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 107, B 34). Sa provenance est inconnue et il est daté de la première moitié du IIe siècle après J.-C. Les traits du visage et les cheveux « peignés » sont similaires. Un second masque du Louvre, daté de la même période et provenant d’Antinoé, rappelle également Co. 3251, notamment pour la forme du visage et la technique employée pour les cheveux. Il a pour numéro d’inventaire AF 6677 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 114, B 41). Ces deux parallèles, ainsi que le style de coiffure, permettent de suggérer une datation de la première moitié du IIe siècle de notre ère pour le masque Co. 3251.

 

Le jeune garçon porte sur le côté de la tête la « mèche de l’enfance ». Ce détail identifie le jeune enfant à Harpocrate « Horus l’enfant », fils posthume d’Isis et d’Osiris, et seule divinité égyptienne à l’époque gréco-romaine à porter la mèche caractéristique de l’enfance. Ce dieu connaît sa plus grande vogue à l’époque romaine, popularisé par de nombreuses figurines en terre cuite ou en bronze. Il se présente comme un enfant, généralement nu, coiffé de la mèche latérale tressée, portant un doigt à la bouche et empoignant des animaux dangereux : Statuette en bronze d’Harpocrate, datée de la Basse Epoque, conservée au musée du Louvre, E 3642.

Cette divinité est considérée comme un dieu sauveur et guérisseur. En effet, guéri du venin mortel d’un scorpion grâce aux formules magiques de sa mère Isis, Horus put atteindre l'âge adulte et venger le meurtre de son père. Assimiler un enfant au dieu Harpocrate le plaçait ainsi, après sa mort, sous la protection de la divinité. Nous pouvons grâce à ce masque constater la popularité de ce dieu – et du mythe osirien en général – à l’époque romaine.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel ? (d’après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Règne d’Hadrien (117-138 après J.-C.) (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé

H. 20 CM : l. 15,5 CM : P. 11,5 CM

Co. 3250

Commentaire

Etat de conservation

Le visage est complet. A droite, un fragment du dosseret est conservé.
Une partie du dosseret et de la base du cou, ainsi qu'une grande partie de la plaque formant coque, au revers, sont manquantes.
La presque totalité de la polychromie a disparu. Des restes minimes de rose subsistent sur les carnations (dans le cou, au creux du menton, sur les oreilles et les joues, autour des boucles d’oreilles, dans le creux des narines). A la commissure des lèvres et dans un creux de la lèvre supérieure, demeurent des traces de rehauts rouge ou rose foncé. Du bleu est visible dans le cou et sous les oreilles. Les restes de noir sont plus conséquents sur les cheveux.

Description

Le masque représente une femme aux cheveux noirs.

La coiffure, rapportée, se compose à l’avant d’une rangée compacte de mèches formant un bourrelet sur le front. Le chignon large en forme de turban est fait d’une torsade de cheveux, placée haut sur le crâne en raison de la position inclinée de la tête et du voile couvrant la nuque, encore en partie visible derrière l’oreille gauche. Des traces de couleur bleue, appartenant certainement au voile funéraire, apparaissent derrière les oreilles. Une épingle à cheveux, cassée, ornait autrefois le sommet du chignon. La coiffure et la coiffe laissent les oreilles découvertes.

Le visage est plein. Les sourcils et les contours des yeux sont en relief ; les détails des yeux, qui devaient être uniquement peints, ne sont aujourd’hui plus visibles.

Le nez triangulaire est relativement large ; la bouche très petite et souriante.

Les pavillons des oreilles sont indiqués ; les lobes sont ornés de boucles d’oreilles en forme d’anneau, muni de deux perles à l’avant.

 

 

Le visage est standard, typique de la fabrication en série de Touna el-Gebel, et donc analogue à de nombreux masques, aussi bien masculins que féminins (GRIMM 1974, p. 71 sqq ; AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 181). Voir à titre de comparaison les masques Co. 3252 et Co. 3430 de la même collection, le masque AF 12736 conservé au musée du Louvre (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 181, F4) et le masque M.P. 3057.369 du musée d’Amiens (PERDU 1994, p. 53, n° 60).

Un masque similaire à Co. 3250 se trouve actuellement à la Liebieghaus de Francfort, Inv. n° 2568 (BAYER-NIEMEIER 1993, p. 440-1, cat. n° 111, fig. 111, p. 442). La coiffure est composée à l’avant de trois bourrelets torsadés (au lieu d’un), mais le chignon, le voile et le visage sont semblables. Il provient de Touna el-Gebel et est daté de la première moitié du IIe s. après J.-C.

La datation est assurée par l’identification de la coiffure avec celle de l’impératrice Sabine, épouse d’Hadrien (vers 86-137 ap. J.-C.), telle qu’on peut l’observer sur un buste en marbre conservé au musée du Prado (Ca. 130) (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 21 et GRIMM 1974, p. 83-4).

Pour d’autres exemples de la coiffure de Sabine, avec des variantes, voir GRIMM 1974, pl. 82-3.

 

Le chignon était autrefois orné en son sommet d’une épingle, sans doute en os, d’après les fragments toujours visibles, en place à l’intérieur du trou laissé par l’épingle. Un autre masque de la collection Rodin, Co. 661, a conservé les restes de deux épingles en os, fichées au sommet du chignon situé à l’arrière du crâne. Pour ce type d’objet, il ne s’agit pas de représentations, comme pour les bijoux, mais de véritables épingles en os insérées dans le stuc frais. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 28.) On peut en trouver de nombreux exemples dans les musées et en fouilles archéologiques, aussi bien en Egypte, sur les sites d’époque préhistorique à romaine, que sur les sites gallo-romains en France. Voir les exemplaires découverts sur le site du vicus de Ville sur Lumes/Saint-Laurent dans les Ardennes, ainsi qu’une épingle en os faisant partie de la collection d’antiquités égyptiennes du musée du Louvre, provenant du cimetière ouest de Gournet Mourraï, et datée d’environ 1450 avant J.-C.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire de jeune fille

Égypte > Touna el-Gebel ? (d'après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. après J.-C. (d'après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

H. 23,6 CM : l. 15,4 CM : P. 12,8 CM

Co. 3249

Commentaire

Etat de conservation

Le masque a conservé une partie de son cou et du dosseret, aujourd’hui cassés.
Plusieurs petites mèches de cheveux rapportées sur le front et les tempes ont disparu. De nombreux manques sont observés dans l’épaisseur du matériau (sur le front notamment).
La presque totalité de la polychromie a disparu.
La pellicule de verre des deux yeux est cassée en plusieurs endroits. L’œil droit est marqué d’impacts. Ils demeurent cependant bien sertis dans le stuc.

Description

Il s'agit du masque d'une jeune fille.

La coiffure est faite de petites mèches souples, réparties sur le front et les tempes, et de trois tresses fines piquetées, l’une couvrant la raie médiane, les deux autres épousant le crâne sur les côtés. Les cheveux sont rendus par des incisions obliques. A l’arrière, un petit chignon formé des trois tresses piquetées est entouré d’un ruban dont une boucle du nœud est visible.

Le visage est rond ; sous la courbe presque semi-circulaire des sourcils, les yeux sont très ouverts, le regard dirigé vers le haut, la tête étant à l’horizontale. Ils sont peints, recouverts d’une pellicule de verre transparent, et maintenus en place par une fine couche de stuc.

Le nez est fin, les narines bien dessinées ; la bouche est finement modelée et le menton en galoche porte une fossette.

Les oreilles rapportées sont petites et d’un dessin sommaire. Sans doute un fragment de voile est visible passe derrière l’oreille gauche.

Aucun bijou n’est conservé.

 

Un masque similaire est conservé au musée du Louvre, à Paris, sous le numéro d’inventaire AF 12704 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 95, B 22, photo couleur p. 36 et 1998 Portraits de l’Egypte romaine, cat. 8 p. 42 et photo couleur p. 45). Il provient d’Antinoé (fouilles d’A. Gayet) et est daté de la première moitié du IIe s. après J.-C.

Voici la description qui en est donné dans le catalogue du musée du Louvre (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 95) :

« Le visage est petit, avec une bouche fine et irrégulière. Les yeux, aux paupières supérieures surplombantes, sont réalisés avec une plaquette de verre peinte. La coiffure est composée d’une tresse piquetée sur la raie médiane et de deux tresses plus fines, elles aussi piquetées, qui passent au-dessus des oreilles. Les cheveux sont rendus par des incisions grossières. A l’arrière, un petit chignon formé de trois tresses piquetées est entouré d’un ruban. »

Le modèle de cette coiffure est romain : la tresse qui recouvre la raie médiane est la marque de l’enfance, selon la tradition étrusque reprise par les romains. Elle est notamment illustrée par des portraits de femmes de l’entourage d’Auguste, telle sa sœur Octavie, comme on peut l’observer sur ce camée conservé à Genève (MF 2991).

Par rapport aux portraits romains, les coiffures analogues des masques funéraires montrent une facture schématique et simplifiée (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 21).

Un second masque, tout aussi semblable à Co. 3249 que celui du Louvre, se trouve au Rijksmuseum van Oudheden de Leyde, Inv. B.A.220 (GRIMM 1974, pl. 93, 2) : la coiffure et le visage sont presque identiques, à l’exception de la technique employée pour les yeux (moulés et peints à l’origine) et de la présence de bijoux. Pour d’autres exemples de ce type de coiffure, voir GRIMM 1974, pl. 92-3. L’auteur confirme une datation du IIe siècle après J.-C. pour ces masques, en se basant sur leur coiffure caractéristique (ibid., p. 85).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire de femme

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. (d'après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé

H. 19 CM : l. 13 CM : P. 10,5 CM

Co. 3246

Commentaire

Etat de conservation

Le visage est conservé, ainsi que le cou et la coiffure.
Un fragment cassé au niveau du cou a été recollé autrefois (une cassure en diagonale est toujours visible). Un bouchage au plâtre renforce le collage au revers.
La polychromie est lacunaire. La ligne brune, soulignant la bouche, signalée lors de l’inventaire de 1913, a disparu.

Description

Le masque représente une femme portant une coiffure de style ptolémaïque : l’avant de la coiffure est constitué de plusieurs rangées de bouclettes superposées, représentées par des carrés gravés dans le plâtre, ornant le front et les tempes, et descendant jusque devant les oreilles. Le reste de la coiffure est plus difficile à interpréter, des incisions en diagonale évoquent peut-être des mèches tressées réunies à l’arrière du crâne. Une mèche de cheveux torsadée est visible sur le côté gauche du visage, elle passe derrière l’oreille pour descendre le long du cou. La coiffure laisse les oreilles dégagées. Grandes et décollées, elles sont ornées de boucles d’oreilles hémisphériques.

Le visage est de forme ovale allongé, presque rectangulaire. Les yeux et les sourcils sont uniquement peints en noir sur une fine couche de stuc, en grande partie disparue.

Le nez est triangulaire, assez large au niveau des narines. La bouche, aux commissures bien indiquées, est plutôt petite.

Il y a contraste entre la qualité picturale du visage et le traitement rapide de la coiffure.

 

La coiffure, d’inspiration ptolémaïque, est caractéristique du Ier s. après J.-C. Elle évoque les perruques de l’Ancien Empire par son volume et le traitement des bouclettes superposées, représentées par des carrés gravés dans le plâtre, comme sur les statues de Sépa conservées au musée du Louvre, A 36 et A 37.

Cette coiffure particulière est connue par de nombreux masques féminins du début de l’époque romaine. Ainsi le masque E 20193 du musée du Louvre, provenant d’Akhmîm (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 57, A 8), a, outre la même coiffure, des similitudes dans les traits du visage. Le haut de la coiffure est fait d’ondulations incisées, surmontées par un boudin de stuc. Les masques AF 12701 et AF 12743, également conservés au Louvre, présentent les mêmes bouclettes carrées sur le haut du front et sont datés de la même époque (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 59-60, A 10 et A 11).

Pour d’autres exemples, avec des variantes dans le haut de la coiffure (parfois agrémentée d’une couronne de fleurs), voir GRIMM 1974, pl. 68-71. On remarque, à chaque fois où elles sont conservées, de longues mèches torsadées qui partent de derrière les oreilles pour descendre le long du cou. C’était peut-être le cas à l’origine sur le masque Co. 3246, comme le suggère la mèche encore visible sur le côté gauche.

 

Co. 3246 se rapproche également du masque Co. 3252 de la même collection. La coiffure ne présente qu’une seule rangée de bouclettes sur le front, mais quelques torsades devant les oreilles, ainsi qu’une longue anglaise qui descend derrière chaque oreille. Le visage était lui aussi uniquement peint. On peut le dater de la même période.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire d’homme

Égypte > Fayoum probablement (d'après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. (d'après le style)

[voir chronologie]

Plâtre polychromé et verre

H. 22 CM : l. 18 CM : P. 12 CM

Co. 1771

Commentaire

Etat de conservation

Seul le visage est conservé, avec les oreilles. Le dessus de la tête est cassé au niveau de la coiffe.
Le masque a été autrefois cassé, puis recollé.
La polychromie est lacunaire.

Des écaillages apparaissent au niveau de la barbe.

Description

Le masque représente un personnage masculin, portant la barbe et la moustache.

Les carnations sont de couleur rose foncé ; les cheveux noirs sont composés de mèches festonnées incisées dans la longueur.

Le dessus de la tête est couvert d’une étoffe, représentée par un graphisme noir sur fond beige. Une trace de bleu est également visible sur la coiffe au-dessus de l’oreille gauche. Les sourcils sont indiqués par un trait fin. Les yeux, réalisés en verre teinté, sont rapportés. Désaxés, ils sont mal placés, conséquence d'une restauration ancienne où onze fragments du masque ont été assemblés, entraînant des décalages. Le nez s’élargit considérablement au-dessus d’une petite bouche qui est déformée par la reconstitution du masque. La moustache, partiellement visible, est seulement peinte, alors que la barbe est en relief, faite de petites boules de plâtre écrasées pour schématiser des boucles.

Les oreilles, au large pavillon, sont rondes et décollées à l’égyptienne.

 

Etant donné l’état de conservation actuel de la polychromie et l’emplacement de la cassure, il est difficile de décrire précisément le motif qui ornait à l’origine la coiffe située à l’arrière de la tête. On trouve ce type de voile sur de nombreux masques funéraires, aussi bien masculins que féminins. Sa forme et son décor rappellent le nemes égyptien pharaonique. Le masque Co. 660 de la même collection porte également une coiffe, mais son décor à l’arrière de la tête est trop effacé pour établir une analogie avec celui de Co. 1771. Les retombées du voile sont néanmoins conservées, ce qui n’est pas le cas sur le masque Co. 1771.

A l’époque ptolémaïque, le dessus de la tête est souvent orné d’un motif stylisé en forme de scarabée ailé, et des rayures verticales décorent les retombées, quand elles sont conservées. Les extrémités des retombées peuvent même être agrémentées d’images représentant des divinités. On peut voir des exemples de ce type de voile sur des cartonnages de momies de cette époque (GRIMM 1974, pl. 1-3).

La coiffure faite de mèches festonnées incisées dans la longueur, portée par Co. 1771, est d’origine ptolémaïque, caractéristique du Ier siècle après J.-C. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 23). Trois masques arborant cette coiffure sont conservés au musée du Louvre et publiés dans AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 65 et p. 67-8. On peut souligner le fait qu’ils portent également un voile de type pharaonique.

La chevelure et la coiffe de Co. 1771 sont semblables au masque n° 12459 conservé aux Musées d’Art et d’Histoire de Genève, découvert à Touna el-Gebel. Le visage est cependant fort différent (GRIMM 1974, pl. 28, 3-4).

Un autre exemple de voile décoré est visible sur le masque JE 58506 conservé au musée égyptien du Caire (GRIMM 1974, pl. 39, 3-4). L’homme représenté porte la barbe et la chevelure en bouclettes.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Villa des Brillants à Meudon, Atelier de peinture vitrine 22, 515, "Masque d’homme en plâtre peint. Il porte la moustache et la barbe en collier : yeux en verre rapportés, creux à l’intérieur. Cassé et recollé. Haut. 22 cent. Estimé deux cent cinquante francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

Le masque était exposé du vivant de l'artiste sous vitrine, dans l'atelier de peinture de la Villa des Brillants à Meudon (voir images historiques ci-contre). 

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Tête de femme

Egypte > provenance inconnue.

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Début du IIIe s. après J.-C. (D'après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychrome, os, verre peint.

H. 19,5 CM : l. 15 CM : P. 23 CM

Co. 661

Commentaire

Etat de conservation

La tête est entièrement conservée, ainsi que le début d’un dosseret, brisé. Le dosseret et la base du cou manquent.
La plaque de fond, obturant la tête, est présente.
L’épiderme a en grande partie disparu, laissant voir l’enchâssement des yeux.
La presque totalité de la polychromie est perdue, sauf sur les cheveux. Quelques lacunes sont à noter dans l’épaisseur de la chevelure.
Trois perles constituant une boucle d’oreille, conservées dans les réserves, appartiennent probablement à la boucle d’oreille droite de ce masque, manquante.

Description

Ce « masque » funéraire est traité en ronde-bosse. Il représente une femme au visage ovale et aux cheveux noirs.

Les cheveux, partagés par une raie médiane, sont arrangés en bandeaux crantés attachés en chignon large, plaqué à l’arrière du crâne. Le chignon est marqué d’incisions rectilignes en tous sens ; il est de plus orné de deux épingles en os, fichées au sommet.

Les yeux sont réalisés en plaquettes de verre peintes. Les paupières sont modelées dans du stuc frais, ajouté sur le pourtour des plaquettes, permettant de les maintenir en place. Les sourcils sont indiqués par un léger relief.

Le modelé de la bouche est estompé. Le nez, légèrement busqué, n’a pas les narines creusées. Le menton présente une fossette.

Les oreilles sont en grande partie dissimulées par les cheveux, et seuls les lobes, ornés de boucles d’oreilles, sont visibles. Ces boucles d’oreilles, en forme de grappe, ont été réalisées à part et rapportées sur le masque.

 

Le musée du Louvre, à Paris, conserve plusieurs exemples de la coiffure portée par Co. 661, composée de bandeaux crantés couvrant partiellement ou complètement les oreilles, séparés par une raie médiane, descendant bas sur le front et réunis en chignon. Voir par exemple les quatre masques publiés dans AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 133 et p. 139-141 : AF 6668, AF 6683, AF 6699 et AF 12631. Cette coiffure s’inspire de celle de la seconde épouse de Septime Sévère (empereur de 193 à 211), Julia Domna. Comparer avec les deux bustes en marbre la représentant conservés au musée du Louvre, MR 638 (daté de 193 après J.-C.) et MNB 783 (daté de 205-210 après J.-C.)

Ce type de coiffure est attesté sur les portraits romains depuis la fin de l’époque des Antonins et davantage, avec des variantes dans les volumes et les formes du chignon, à la période des Sévères (193-235 après J.-C.) (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 22 et p. 139).

 

La particularité de la tête Co. 661 est qu’elle présente au sommet du chignon les restes de deux épingles en os. Pour ce type d’objet, il ne s’agit pas de représentations, comme pour les bijoux, mais de véritables épingles en os, insérées dans le stuc frais. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 28.) On peut en trouver de nombreux exemples, aussi bien en Egypte, sur les sites d’époque préhistorique à romaine, que sur les sites gallo-romains en France. Voir les exemplaires découverts sur le site du vicus de Ville sur Lumes/Saint-Laurent dans les Ardennes, ainsi qu’une épingle en os faisant partie de la collection d’antiquités égyptiennes du musée du Louvre, provenant du cimetière ouest de Gournet Mourraï, et datée d’environ 1450 av. J.-C.

Le masque Co. 3250 de la collection du musée Rodin devait aussi avoir à l’origine une épingle en os fichée dans les cheveux, car un fragment en est visible au fond de la cavité laissée par l’épingle au sommet du chignon.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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