Dionysos accompagné d’un jeune satyre

Applique de mobilier

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 7 cm ; L. 4,78 cm ; P. 1,9 cm

Os, humérus droit de boeuf

Co. 2121

Commentaire

Etat de conservation

Seule la partie inférieure de l’applique, elle-même brisée dans l’angle dextre, nous est parvenue. De ce fait, les bustes et les visages des personnages ont disparu, tout comme le corps de la panthère, qui devait être blottie aux pieds de Dionysos. Quelques fentes transversales de surface sont discernables. La nature spongieuse de l’os transparaît très légèrement sur la cuisse du jeune personnage placé sur le côté gauche du dieu.

Description

Ne sont conservées du personnage principal que les jambes, sur toute leur longueur, et la main gauche. La jambe droite tendue, sur laquelle vient se croiser la gauche, ainsi que la main à la position relâchée plaident en faveur d’une représentation de Dionysos Lykeios. Un motif peu intelligible, incisé à droite des jambes, suggère la présence d’une panthère accroupie tournant son museau vers la divinité qu’elle accompagne. La main gauche de Dionysos, aux doigts finement rendus, semble à la fois retenir l’étoffe d’un himation se déployant en plis amples, et contenir le corps d’un jeune satyre ou amour, qui s’appuie contre son côté gauche (DELASSUS 2020, p. 49 n. 8). On ne distingue de ce dernier que sa jambe droite vue de profil, et son ventre autour duquel s’enroule un drapé. Faut-il voir, dans le pan lisse contre le bord senestre de l’applique, son bras droit replié ?

 

La posture adoptée ici par Dionysos correspond à l’une des deux positions les plus répandues sur les reliefs en os mettant en scène le dieu du vin et de la fête. On la retrouve, au reste, sur plusieurs appliques du musée Rodin (Co. 2071, Co. 2102). Sur d’autres pièces, la jambe gauche, portée en avant, légèrement fléchie remplace la jambe croisée (Co. 2077, Co. 2123, Co. 2274).

La présence d’un jeune satyre ou Éros aux côtés du dieu est, par contre, peu fréquente sur ce type de mobilier. Son corps est ici complètement contraint par le cadre restreint de la matrice osseuse. Si l’élément en haut-relief du Walters Art Museum  dépeint un Dionysos Lycien sur fond de rinceaux de vigne, en compagnie d’un amour évoluant à sa gauche (71.47 : RANDALL 1985, p. 92-93, n° 144), il faut plutôt dans notre cas, considérer le jeune satyre comme un soutien éventuel au dieu amolli par l’ébriété. Le satyreau supportant le dieu renvoie à l’applique du musée Rodin Co. 2232 qui propose un schéma similaire. Le même motif a été également appliqué à la figure de Silène, comme l’attestent plusieurs œuvres sculptées dans l’os (Alexandrie, musée gréco-romain, 13291 ; Athènes, musée Benaki, 18952 : MARANGOU 1976, p. 97-98, n° 60, pl. 19c-d).

 

Les doigts effilés de la main gauche contredisent la hardiesse avec laquelle sont sculptés le corps de Dionysos et celui du satyreau. Celle-ci s’assortit de certaines maladresses : la cuisse droite se poursuit par un mollet trop large. De surcroît, la jambe se trouve interrompue en-dessous de la cheville. L’artisan n’a sans doute pas pris soin de réserver assez de place pour sculpter le pied en entier. La position des jambes permet de rapprocher ce fragment d’une applique du musée Benaki (18920 : MARANGOU 1976, p. 88, n° 4, pl. 3a) et d’une autre, autrefois conservée aux Staatliche Museen de Berlin (WULFF 1909, p. 113, n° 390, pl. XVII), bien que la sculpture soit d’un caractère résolument plus frustre que celle de ces deux pièces.

 

L’état fragmentaire de l’applique ne favorise par la détermination d’une date de réalisation. Compte-tenu des contours accusés et des maladresses, et par comparaison avec l’applique Co. 2071 à la rugosité plus affirmée, nous pouvons proposer une phase de fabrication au IVe siècle.

 

Comparaisons

Pour la position des jambes :

-Athènes, musée Benaki, 18920.

-Berlin, anciennement aux Staatliche Museen, I. 2883.

-Paris, musée Rodin, Co. 2071Co. 2102.

 

Pour la présence du jeune satyre :

-Alexandrie, musée gréco-romain, 13291.

-Paris, musée Rodin, Co. 2232.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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