Applique de mobilier

femme drapée accoudée à une demi-colonne

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 11,2 cm ; L. 4,95 cm ; P. max. 1,8 cm

Os, humérus droit de bœuf

Co. 2224 – Co. 2303 – Co. 2304

Commentaire

Etat de conservation

Cette applique à la coloration ivoirine, offre une teinte plus blonde au dos. Formée de trois morceaux recollés, elle est brisée sur tous ses côtés. Ne subsiste donc que la partie centrale. Quelques discrets sédiments s’observent au dos. On remarque également une desquamation par endroits de la matière osseuse.

Description

Le bras gauche supporté par un pilier, la jeune femme se présente légèrement tournée vers la droite. Son attitude génère un fort hanchement du bassin, que révèle le plissé de son vêtement. Le chiton aux plis souples qui l’habille, est ceinturé sous la poitrine. Il devait être partiellement recouvert par un himation, dont on aperçoit la retombée sur le bras gauche et un pan enroulé au niveau des hanches.

 

Bien que la figure ne tienne aucun attribut, sa posture et l’agencement de son drapé autorisent un rapprochement avec le type iconographique de la « femme drapée » décrit par L. Marangou, dans son catalogue des os sculptés du musée Benaki (MARANGOU 1976 p. 57-58). Influencé par les représentations des souveraines lagides sur les oenochoés en faïence, produites à Alexandrie au IIIe siècle et à la fin du IIe siècle av. J.-C. (THOMPSON 1973, p. 24-34), il n’a pu être mis en rapport avec un personnage ou un thème mythologique précis.

 

Treize appliques du musée Benaki et dix du musée Rodin souscrivent à ce schéma formel. Celui-ci consiste en une figure de jeune femme, légèrement hanchée, parée d’un long chiton, autour duquel est enroulé un himation. En sus d’une petite couronne, elle tient souvent une corne d’abondance. Ce symbole est fréquemment associé aux images de la déesse de la fortune, Tychè, mais ne permet pas d’aller plus avant dans l’identification du type iconographique.

 

Le mouvement du corps perceptible sous l’étoffe révèle une jambe gauche en appui et une jambe droite fléchie. Cette position est inversée par rapport à la plupart des appliques qui illustrent ce thème. La seule comparaison qu’on puisse faire valoir correspond au relief 18891 du musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 191, p. 121, pl. 56a). La jeune femme retient de la même façon, le pan de son himation, de sa main gauche. La disposition du manteau est toutefois différente. Le rendu plastique du corps et le traitement harmonieux du plissé sont les signes d’une facture de qualité, même si l’anatomie du bras apparaît simplifiée. Un polissage abouti vient parachever un modelé soigné. Cette applique a sans doute été sculptée, d’après un modèle d’époque hellénistique, au IIIe ou IVe siècle.

 

Marquage

Une étiquette octogonale à liseré bleu, arrachée, est collée en partie inférieure.

 

Comparaisons

-Athènes, musée Benaki, 18891.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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