Fragment de bas-relief funéraire

Égypte > provenance inconnue (région memphite ?)

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 31 cm ; L. 55,5 cm ; P. 9 cm

Calcaire

Co. 5895

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation.

Description

Cette grande plaque de calcaire conserve partiellement deux registres sculptés en léger relief levé, illustrant le déplacement de grands herbivores.

Au registre supérieur, on distingue se dirigeant vers la gauche un capri-ovidé (vraisemblablement un ibex, d’après la barbiche caractéristique de l’animal) dont la marche est guidée par un homme, conservé à mi-corps, et les contours d’un second capri-ovidé, dont on peut discerner les pattes et le poitrail.

Le second registre, dont le décor est davantage conservé, révèle la partie supérieure d’un défilé de bovidés (reconnaissables à leurs cornes en forme de lyre, visibles aux extrémités du bloc), scène autrefois décrite par une légende textuelle, dont il ne reste que quelques caractères hiéroglyphiques, disposés en ligne, où l’on peut notamment lire jwA - « bœufs engraissés ». Selon une pratique fréquente en Égypte, les bœufs en file indienne servent ici de déterminatif au substantif jwA, l’image étant intégrée au texte et vice versa.

Pour une autre représentation d’un défilé de troupeau comportant bœuf et ibex sur un relief de la même période, voir musée Rodin Inv. N° Co. 944.

Ce relief fragmentaire appartient au corpus décoratif des tombeaux de l’Ancien Empire, plus exactement aux scènes associées de manière générale à l’élevage. Cette imagerie agricole relève de ce que l’on dénomme fréquemment les « scènes de la vie quotidienne », mais cette terminologie est trompeuse (voir J.-C. Moreno Garcia, « Production alimentaire et idéologie : les limites de l'iconographie pour l'étude des pratiques agricoles et alimentaires des Égyptiens du IIIe millénaire avant J.-C », Dialogues d'histoire ancienne 29/2, 2003, p. 73-95 ; également Chr. Ziegler, Le mastaba d’Akhethetep. Une chapelle funéraire de l’Ancien Empire, Paris, 1993, p. 39-42.). Si ces scènes renseignent aujourd’hui l’historien sur les pratiques agricoles et la vie des anciens Égyptiens, elles permettent très concrètement – par la valeur accordée à l’écrit et à l’image – de répondre aux nécessités du culte funéraire. La figuration d’animaux d’élevage (capri-ovidés et bovidés) dans des scènes de boucherie ou, comme ici, sous la forme de défilés évoque donc les offrandes carnées destinées au défunt et nécessaires à son culte funéraire, c'est-à-dire à sa (seconde) vie dans l’au-delà. Elles ont alors pour fonction de suppléer à l’absence éventuelle dudit culte.

 

L’emploi du relief modelé et le thème de l’apport des offrandes, sous la forme d’un défilé de bœufs et d’ibex, suggèrent que ce fragment de décor ornait l’intérieur d’une chapelle funéraire d’un tombeau de l’Ancien Empire, que l’on peut dater selon toute vraisemblance de la IVe ou de la Ve dynastie.

Historique

cquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

 

Donation de Rodin à l'État français en 1916.

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