Applique de mobilier

feuilles d’acanthe abritant un fleuron

Egypte > provenance inconnue

IIIe-IVe siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 6,7 cm ; l. 3,8 cm ; P. 0,8 cm

Os, tibia bœuf ?

Co. 2144

Commentaire

Etat de conservation

La pièce présente sur sa face externe, une teinte ivoirine assez claire, en dépit d’une couche de salissure importante. La couleur crème prend une nuance plus foncée au dos. L’applique est complète, malgré un petit éclat qui endommage l’angle supérieur dextre. Si quelques sédiments recouvrent le revers, ils se concentrent surtout dans les creux de la face principale, au sein desquels ils voisinent avec des restes d’ocre rouge foncé, non lié. On observe aussi des marques noires d’aspect gras.

Description

L’applique de forme rectangulaire n’accueille qu’une volute d’un rinceau d’acanthe. Entre deux bordures lisses en saillie, se déploie une tige végétale agrémentée de deux longues feuilles aux folioles découpées. Enroulées en sens contraire, celles-ci enserrent dans le médaillon ovale qu’elles définissent, un fleuron qui s’apparente à une rosace étoilée. Organisés autour d’un cœur en relief, les huit pétales ornés d’incisions, placés en quinconce, semblent se répartir sur deux rangs (DELASSUS 2020, p. 58 n. 71, fig. 7 p. 79).

 

Associés à d’autres pièces sculptées de spirales d’acanthe, cet élément de placage devait participer à une frise sur laquelle se déroulait un rinceau complet. Le même motif traité dans l’ivoire avec plus de délicatesse, se retrouve sur un relief mis au jour dans le secteur du théâtre Diana à Alexandrie (DI 96. 3111.2.3 (83) : RODZIEWICZ 2007, n° 41 p. 89, Pl. 19, Pl. 99-2 ; RODZIEWICZ 2016 p. 115, fig. 125 p. 116). Le modèle alexandrin, qu’E. Rodziewicz met en relation avec le décor architectural de l’époque augustéenne, se caractérise par une approche naturaliste de l’élément végétal. Le schéma aéré davantage propose des feuilles plus graciles et une fleur au second rang de pétales disposé en corolle.

 

Notre applique offre un motif stylisé, dont la fleur en rosace renvoie à un fragment d’applique passé en vente publique à Boulogne-Billancourt, chez Etienne Jonquet, le 27 janvier 2022 (Archéologie, meubles, tableaux, lot 92). L’agencement en étoile des pétales de la fleur, laisse place dans cet exemple, à un motif plutôt tournoyant. Une dernière analogie doit être évoquée : la pièce Co. 2215 du musée Rodin. Dérivant du même modèle, elle révèle, malgré une usure prononcée, une volute garnie d’un fleuron très simplifié.

 

Si les éléments végétaux de l’applique étudiée semblent avoir été rendus avec moins de méticulosité que sur le placage alexandrin, l’ensemble n’en conserve pas moins un certain sens du volume et du mouvement. La souplesse des feuillages et la fleur épanouie contrastent avec la volute tronquée et schématique de l’exemplaire Co. 2215. Ces critères permettent de proposer, de façon un peu arbitraire, une exécution au IIIe-IVe siècle.

 

Comparaisons

-Alexandrie, fouilles du Centre d’études alexandrines, DI 96. 3111.2.3 (83).

-Paris, musée Rodin, Co. 2215.

-Vente Boulogne-Billancourt, Etienne Jonquet, Archéologie, meubles, tableaux, 27 janvier 2022, lot 92.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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