Applique de mobilier

ménade agitant des claquoirs

Égypte > provenance inconnue

Ier - IIe siècle ap. J.-C. ?

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 4,8 cm ; l. 3,6 cm ; P. max. 0,8 cm

Os, humérus droit de bœuf

Co. 2127

Commentaire

Etat de conservation

Brisée en partie inférieure et sur le bord dextre, l’applique ne conserve qu’une partie de ses bord sommital et senestre. La cassure épouse la ligne de l’épaule droite de la ménade. Sa teinte ivoirine assez claire est assombrie par une importante couche de salissure, surtout en partie supérieure. On note la présence de griffures sur le buste de la jeune femme. Des concrétions brunes et blanches d’aspect poudreux s’observent sur le chant sommital. Au dos, les trabécules renferment encore des sédiments.

Description

Tournée légèrement vers la droite, la ménade, au buste nu, semble amorcer un mouvement contraire avec sa tête. Son bras gauche levé tient un instrument de musique appartenant à la catégorie des idiophones. Formé de deux courtes baguettes terminées par des protubérances, cet instrument à percussion semble davantage correspondre à une paire de claquoirs que de crotales. S’il n’est pas rare de voir certaines suivantes de Dionysos secouer des crotales sur les tentures ou les reliefs architecturaux de l’Égypte tardo-antique, les représentations de claquoirs s’avèrent beaucoup plus rares. Ce fragment constitue la seule attestation de claquoirs sur les appliques en os, provenant d’Égypte, destinées à décorer du petit mobilier. On pourra se référer à deux images empruntées à d’autres domaines artistiques : une mosaïque découverte sur l'Aventin à Rome, datant du IIe ou IIIe siècle (BLAKE 1936, pl. 42) et le relief d'Ariccia du début du IIe siècle, conservé au Muzeo nazionale romano-palazzo Altemps à Rome (inv. 77255 : JEFFREY, POTTS & COLE 2018, n° 168 p. 269). L’instrument et le bras paraissent un peu disproportionnés par rapport au reste. L’artisan a sans doute voulu insister sur cet attribut peu commun, sculpté ici ouvert, avec des branches qui se courbent ou se déforment lorsque l’instrument est agité.

 

Ce fragment dénote une pleine maîtrise de la sculpture sur os ainsi qu’une juste observation de l’anatomie féminine. Le relief prononcé du buste, comme de la tête, s’inscrit dans une véritable recherche plastique. L’excellente facture se remarque également dans le traitement délicat du visage. La chevelure coiffée en fines mèches torsadées ramenées vers l’arrière du crâne et retombant dans le cou, est rendue avec subtilité. De petites perforations viennent animer les yeux, aux paupières marquées, ainsi qu’indiquer les narines du nez. Le visage aux joues rebondies accueille sous un nez droit une bouche aux lèvres ourlées entrouvertes. La qualité d’expression du visage mérite d’être soulignée et s’accorde à l’harmonie générale des formes. Bien que le polissage du buste ne soit pas totalement abouti, on pourrait en raison des critères stylistiques énumérés, proposer une réalisation au début de l’époque impériale, dans le courant du Ier ou IIe siècle, ou envisager une production plus tardive inspirées par des modèles sculpturaux hellénistiques ou du Haut-Empire (cf. MARANGOU 1976, p. 76-78).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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