Ménade au tympanon

Applique de mobilier

Égypte > provenance inconnue

IVe siècle ap. J.-C. ?

H. 11,6 cm ; l. 3,8 cm ; P. max. 2 cm

Os, humérus gauche de bœuf

Co. 2104

Commentaire

Etat de conservation

Brisée en partie inférieure, la pièce de couleur crème, assez claire, présente aussi un manque important à son sommet. Cette lacune a été engendrée par une faible épaisseur de tissu compact à cet endroit. Les parties en creux emprisonnent encore beaucoup de sédiments. Au revers, des marques noires couvraient, en partie supérieure, la face interne des bords.

Description

Saisie en train de danser vers la droite, la ménade, qui tourne légèrement son visage vers la gauche, s’apprête peut-être à faire volte-face. L’orientation contradictoire de la tête et du reste du corps constitue un motif récurrent dans les représentations des membres du cortège dionysiaque. L’impression de frénésie ou d’agitation, rendue de façon sensible sur une petite applique rectangulaire conservée au musée Rodin (Co. 2170), qui offre le même schéma iconographique, est ici tempérée par la verticalité de la figure, son étroitesse, et la rigidité de son vêtement. Le cadre contraint de l’os long a sans doute obligé l’artisan à modérer l’élan de la danse et à doter la jeune femme d’une pose plus statique.

 

De la main gauche, la ménade vient frapper le tympanon qu’elle tient contre sa poitrine. Passant sur l’épaule gauche, le chiton aux plis raides masque complètement le corps. Le visage, à la différence des ménades des appliques du musée Rodin Co. 2050 et Co. 2084, dont l’attitude est identique, est vu non pas de profil, mais de trois-quarts. Bien que traité avec plus de rudesse, il rappelle par sa forme générale et son orientation, ceux de plusieurs jeunes femmes sculptées sur des reliefs en os, notamment celle qui apparaît sur un exemplaire conservé au musée gréco-romain d’Alexandrie (12122 : BONACASA-CARRA 2012, p. 40, p. 44, fig. 2). La chevelure épaisse se répartit de façon symétrique en mèches ondulées, surmontée d’un diadème. Elle encadre un visage à la mâchoire carrée, modelé exclusivement par des enlèvements de matière. Les incisions pratiquées dans les creux des yeux, qui courent jusqu’aux commissures des lèvres, animent d’un jeu d’ombre et de lumière les chairs, de part et d’autre d’un nez droit surplombant une petite bouche aux lèvres charnues.

 

Cette applique révèle une importante stylisation des contours, comme des détails anatomiques. Les larges pans lisses du chiton aux plis simplifiés, le bras gauche robuste à la main rendue de façon allusive, ainsi que le visage massif aux traits figés, correspondent à une approche différente des appliques Co. 2084 et Co. 2050. Cette vision synthétique d’un modèle élaboré à la fin de l’époque hellénistique ou à l’époque romaine, nous incite à ne pas dater cette pièce avant le IVe siècle.

 

Comparaisons :

-Alexandrie, musée gréco-romain, 12122 (orientation et forme générale du visage).

-Paris, musée Rodin, Co. 2050 (posture du corps et des bras).

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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