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Applique de mobilier

palmier entouré de rinceaux de vigne

Égypte > provenance inconnue

VIIe - VIIIe siècle ap. J.-C.

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 10,7 cm ; L. 3,5 cm ; P. 0,6 cm

Os, tibia de dromadaire ?

Co. 2284

Commentaire

Etat de conservation

La partie senestre de l’applique est manquante. Le fragment conservé offre une teinte beige ambrée, aux accents verdâtres par endroits, sur les deux faces. Les creux du décor emprisonnent de discrets sédiments, tandis qu’une fine couche de salissure recouvre le dos. Le fragment montre un important un réseau de fissures dans le sens longitudinal. On note aussi de petites pertes de matière près du chant sommital. Une forte abrasion caractérise les deux faces.

Description

Un cadre lisse, réservé dans la plaquette en os, borde la représentation d’un arbre s’apparentant à un palmier. Doté d’un tronc épais et d’un feuillage fourni, il se caractérise par une certaine rigidité. De longues feuilles aux nervures fortement soulignées se rattachent directement au tronc. À la base de l’arbre croissent des pampres de vigne qui s’enroulent en spirale (DELASSUS 2020, p. 49, fig. 9c). Des appliques exploitant un modèle proche étaient autrefois abritées dans les collections du musée de Berlin (WULFF 1909, n° 639-644, p. 148-149, pl. XVIII ; STERN 1954, p. 126, fig. 8 pl. 3). Sur une pièce en ivoire biface se dressait aussi un palmier-dattier, autour duquel se développaient les volutes de rinceaux de vigne, habitées de deux volatiles (WULFF 1909, n° 616 p. 144, pl. XVI).

 

Ce motif, qui associe l’arbre de vie à la vigne, présent déjà dans les mosaïques byzantines ou l’art sassanide, est un écho des décors monumentaux du début de la période omeyyade (STERN 1954 p. 126-127). Les mosaïques du Dôme du Rocher (691-692) et les sculptures des panneaux de bois de la mosquée Al-Aqsā à Jérusalem en fournissent des variantes (STERN 1954, p. 126, fig. 13 pl. 4). La traduction qu’en livre l’applique du musée Rodin fait appel, quant à elle, à une approche stylisée de l’élément végétal. Ce motif possède une variante : un arbre au tronc formé de deux branches entrelacées qui s’épanouissent à la cime en deux bouquets de feuilles (DELASSUS 2020, p. 49-50, fig. 9d). Deux appliques du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, découvertes à Antinoé, l’exploitent (E 11733, E 12483 : STERN 1954, p. 126-127, fig. 5 pl. 2).

 

Cette applique s’inscrit au sein de la famille des innombrables placages à décor floral et végétal sculptés dans l’os - ou plus rarement dans l’ivoire-, produits au début de la période islamique. Ces pièces découvertes en grande quantité à Alexandrie, à Abou Mina, à Fustat et en divers lieux d’Égypte ont pu être datées, grâce à des contextes archéologiques bien documentés, principalement de l’époque omeyyade (VIIe-VIIIe siècle) (. Exécutées en série, elles venaient sans doute orner des boîtes et différentes catégories de mobilier. Si les motifs qui s’y déploient puisent leurs origines dans l’art romain et byzantin, leur forte schématisation et leur caractère tapissant, renvoient davantage à l’interprétation qu’en a proposé le monde mésopotamien et syrien, notamment sur les décors sculptés des châteaux omeyyades de Jordanie (STERN 1954, p. 127 ; RODZIEWICZ 2012, p. 1-5). La mise au jour, sur des sites distincts, de plaquettes se référant aux mêmes modèles, laisse supposer le recours à des cartons circulant entre les ateliers (RODZIEWICZ 2016, p. 119). Associée aux notions de fertilité et de prospérité, cette évocation d’une nature luxuriante reflète aussi un changement dans le répertoire iconographique. La prédominance du décor végétal sur les représentations figurées témoigne de la diffusion de la religion islamique dans les cités égyptiennes au cours des VIIe-VIIIe siècles.

 

Marquage

Au dos, en partie inférieure, 5, marqué à l’encre noire.

 

Comparaisons

- Berlin, anciennement aux Staatliche Museen (WULFF, n° 616, 639-644).

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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