Ptah-Sokar-Osiris

au nom d'un défunt

Egypte > Région de Louxor (selon l'antiquaire G. Anastassiadis, 1908)

Les derniers temps > Epoque tardive > XXVIe dynastie

[voir chronologie]

Bois polychrome

H. 26,4 CM : L. 8,4 CM : P. 6,1 CM

Co. 665

Commentaire

Etat de conservation

Assez bon état.


Le bois est sain et ne comporte que peu de fentes, si ce n'est à la base de la statue.
La polychromie est très altérée. Au revers, elle a quasiment disparu ; elle est lacunaire sur les côtés et le dessus de la tête. La polychromie restante souffre quant à elle de l'encrassement et de l'empoussièrement de la statuette, ainsi que des taches dues à des tentatives de restauration antérieures à la cire.

Description

Cette statuette dite "Ptah-Sokar-Osiris" est un élément caractéristique du mobilier funéraire, particulièrement à l'époque tardive, que l'on retrouve dans les inhumations de tradition égyptienne. Elle représente une divinité momiforme résultant du syncrétisme de trois dieux : Ptah (présent ici en sa qualité de Ta-tenen, en relation avec la terre), Sokar et Osiris (divinités étroitement liées  à la renaissance du défunt dans l'au-delà). Elle assure ainsi la résurrection du défunt et la protection de son corps dans l'au-delà.


Cette statuette est incomplète. Un tenon taillé sous la base atteste son rattachement à un socle aujourd'hui disparu. Sur le haut de la tête, une mortaise témoigne de la présence d'une couronne, sans doute une couronne shouty, composée de deux plumes d'autruches ornées à leur base d'un disque solaire et reposant sur deux cornes de bélier torsadées.
La statuette ne comporte aucune cavité, comme il est habituellement d'usage pour ce type d'objet. Cette cavité était destinée à abriter soit un fragment de papyrus, soit un simulacre de momie fait d'argile et de graines germées, qui garantissaient par leur présence symbolique et magique, la résurrection du défunt tel Osiris. Il est très vraisemblable que, malgré l'absence de cavité, cet objet conserve cet aspect "magique". 

La polychromie de l'œuvre est très altérée, notamment du fait de l'encrassement de la statue.

 

La statue est dépourvue de pilier dorsal et se dresse sur une petite base. Fine et élancée, le traitement sculptural est soigné : les proportions sont justes, le galbe du postérieur et des mollets est délicatement rendu à l'arrière. La polychromie a été appliquée sur une base préparatoire blanche.

 

Portant une perruque dégageant les oreilles et une barbe, la divinité a le visage peint en blanc. Les yeux et les sourcils sont dessinés en noir.

Le corps est peint en blanc et est orné d'un collier ousekh-n-bik, recouvrant la poitrine de la divinité et se terminant de chaque côté des pans de la perruque par des pièces d'épaules en forme de tête de faucon. Ce collier est particulièrement détaillé et soigné. On compte sept rangs de perles géométriques riches en couleurs (rouge, jaune, bleu, noir, blanc), alternant triangles, perles, rectangles et oves superposés.

Sous ce collier, une colonne de hiéroglyphes cursifs s'étend jusqu'à la pointe des pieds de la statue. Peinte en noir sur fond blanc, elle est encadrée de bordures longitudinales bleues cernées de noir. Il s'agit d'une formule invoquant Osiris au nom du défunt.

 

D'après la classification typologique établie par M. Raven, cette statuette ne correspond à aucun des 4 grands types définis par l'auteur. Elle peut être rapprochées des exemplaires conservés à Leyde (WIJNGAARDEN 1932, n° 14 pl. IX, n° 18 pl. X, n° 21 pl. XI), dont la datation reste difficile à établir : elles datent peut-être de l'époque ptolémaïque (XXIIIe dynastie) ou plus probablement de l'époque saïte (XXVIe dynastie).

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État frnçais 1916.

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