Fragment de stèle votive

Égypte > provenance inconnue (probablement région thébaine)

Nouvel Empire > fin XVIIIème dynastie – XIXème dynastie

[VOIR CHRONOLOGIE]

Fragment de stèle votive

H. 15,5 CM ; L. 8,5 CM ; P. 2,4 CM

Co. 2466

Commentaire

Etat de conservation

Assez bon état de conservation.

Description

Ce bas-relief fragmentaire, sculpté en relief modelé, constituait à l’origine l’angle inférieur gauche d’une stèle votive, sur lequel se distinguent deux registres, partiellement conservés.

Le registre supérieur donne à voir un bouquet très stylisé, composé de lotus bleu en fleur et en boutons1, et l’avant-train d’un herbivore, vraisemblablement un bélier. Ce dernier est en effet reconnaissable à l’abondante toison ornant son poitrail, caractéristique des béliers égyptiens (sans doute ici Ovis aries palaeoatlanticus ou « bélier du Fezzan »), animaux aujourd’hui disparus (voir CABROL 2001, p. 380-386).

 

Il semble ici, malgré l’état fragmentaire de la stèle, que le monument ait fait référence au dieu Amon-Rê – le bélier étant en effet, avec l’oie, le chat et (plus rarement) le taureau, l’une des formes animales associées à cette divinité et un intermédiaire pour quiconque souhaite s’adresser à lui (sur le bélier d’Amon, voir YOYOTTE 2005, p. 482-489).

Le lotus bleu ou nénuphar (Nymphaea caerulea) renvoie au premier matin du monde tel qu’il est décrit dans les récits cosmogoniques hermopolitains. Il est ainsi associé au dieu solaire, en lien avec la forme juvénile du dieu (Nefertoum) émergeant le matin sur une fleur de lotus. S’il n’est pas une offrande spécifique au bélier d’Amon, le lotus bleu lui est en tout cas fréquemment présenté, l’animal étant vraisemblablement dans ce contexte le représentant d’Amon « naissant » (voir CABROL 2001, p. 398-399).

 

Le registre inférieur montre vraisemblablement le bénéficiaire de la stèle, au nom aujourd’hui perdu, agenouillé en adoration (comme l’indique la position des mains, paumes tournées vers l’extérieur). L’invocation au dieu Amon-Rê accompagnant les images de la divinité et du bénéficaire du monument se trouvait sans doute dans la partie droite de la stèle, aujourd’hui perdue.

 

Ce monument illustre la dévotion privée au dieu Amon-Rê et peut être rattaché aux petites stèles consacrées par des particuliers au bélier d’Amon à la fin de la XVIIIe dynastie et à la XIXe dynastie, notamment à Deir el-Medina, où la forme animale du dieu solaire semble avoir été particulièrement considérée (voir ANDREU (éd.) 2002, p. 268-269, no 216).

 

Sur le plan du style, on notera le modelé simple et peu accentué, qui ne permet pas de préciser davantage la datation au sein du Nouvel Empire, si ce n’est par comparaison avec des monuments similaires.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Boreux 1913 : Hôtel Biron, 258, Fragment (angle inférieur de g.) d’une stèle qui comprenait au moins 2 registres. Il en subsiste, au registre supérieur, la partie antérieure d’un taureau Hapi devant les fleurs ; au registre inférieur, un personnage agenouillé tourné vers la droite, les bras levés en signe d’adoration. Calcaire peint. 15 x 8 ½. Estimé trente francs.

 

Donation de Rodin à l'État français en 1916.

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