Ptah-Sokar-Osiris

au nom d'un défunt

Egypte > Provenance inconnue

Les derniers temps > Epoque tardive > XXVIe dynastie

[voir chronologie]

Bois polychrome

H. 33,3 CM : L. 8,5 CM : P. 7,4 CM

Co. 2444

Commentaire

Etat de conservation

Très mauvais état.

 

Le bois a été très fragilisé par une longue conservation en milieu humide et par des attaques importantes d'insectes xylophages : la surface est endommagée par endroit et la consistance même du matériau est altérée. Des fentes longitudinales très ouvertes sont présentes sur la face de la statue.

La polychromie est elle aussi très altérée. Lorsqu'elle n'est pas perdue, les couches picturales sont écaillées et présentent des soulèvements. De nombreuses petites tâches grisâtres dues à l'humidité recouvrent la face avant, très encrassée.

Description

Cette statuette dite "Ptah-Sokar-Osiris" est un élément caractéristique du mobilier funéraire, particulièrement à l'époque tardive, que l'on retrouve dans les inhumations faites dans la tradition égyptienne. Elle représente une divinité momiforme résultant du syncrétisme de trois dieux : Ptah (présent ici en sa qualité de Ta-tenen, en relation avec la terre), Sokar et Osiris (divinités étroitement liées  à la renaissance du défunt dans l'au-delà). Elle assure ainsi la résurrection du défunt et la protection de son corps dans l'au-delà.

 

Trois éléments ont disparu : les pieds, sans doute un bloc rapporté et maintenu par deux tenons (dont un subsiste) ; le socle sur lequel se dresse habituellement la statue (néanmoins, aucune trace de tenon n’est observable sous la base actuelle) ; et la couronne ornant la tête de la statue, dont l'emplacement au sommet de la perruque est marqué par une mortaise de 4 cm. de profondeur dont les bords ont été élargis a posteriori.

 

La statuette ne comporte aucune cavité, comme il est habituellement d'usage pour ce type d'objet. Cette cavité était destinée à abriter soit un fragment de papyrus, soit un simulacre de momie faite d'argile et de graines germées, qui garantissaient par leur présence symbolique et magique, la résurrection du défunt tel Osiris. Il est très vraisemblable que, malgré l'absence de cavité, cet objet conserve cet aspect "magique". 

La polychromie, appliquée sur une base préparatoire blanche est très abîmée mais révèle néanmoins un décor riche et détaillé. Quelques défauts du bois sont comblés par un enduit blanc.

 

Le dieu est représenté avec un visage peint en vert, coiffé d'une perruque tripartite bleue et doté d'une barbe postiche noire. Il porte sur sa poitrine un collier ousekh, très simplement représenté par des lignes concentriques semi-circulaires colorées (ocre rouge, blanc, bleu et vert). Le corps est recouvert d'une gaine ocre rouge ornée d'un motif en résille bleu.

A l'avant comme à l'arrière se développe une colonne de hiéroglyphes cursifs peints en noirs sur fond blanc, encadrée de lignes bleues. Sur le devant de la statuette, l'inscription est illisible. A l'arrière, seule la fin de l'inscription est encore déchiffrable, mentionnant une offrande faite à Osiris.

 

D'après la classification typologique établie par M. Raven, cette statuette correspond au type III, un type qui s'avère assez rare, et datant de la XXVIe dynastie. Il se caractérise par une silhouette momiforme associant un visage peint en vert propre aux représentations d'Osiris, et une perruque tripartite coiffée d'une couronne de type shouty. D'autres éléments tels que la barbe postiche noire, le collier tel qu'il est représenté ici, et le décor en filet sur fond rouge recouvrant le corps de la divinité correspondent aussi aux spécificités de ce type III, que l'on retrouve, par exemple, sur le Ptah-Sokar-Osiris n° 8 conservé à Leyde (WIJNGAARDEN 1932, n° 8 pl. VIII), auquel le Co. 2444 du  Musée Rodin devait fortement ressembler avant de subir ces dégradations.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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