Relief funéraire

Formule d'offrande

Egypte > provenance inconnue

Ancien Empire, probablement

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 34,5 CM : L. 87 CM ; P. 6 CM

Calcaire polychrome

Co. 001298

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en bon état de conservation. Le relief est néanmoins cassé sur les côtés mais sa surface reste lisse. On observe de nombreuses traces d’outils, notamment au revers.

Du plâtre, aujourd’hui nettoyé, avait été appliqué sur l’ensemble de la surface et on observait aussi les traces d’un badigeon beige sur le côté inférieur et des restes de peinture grise sur le côté droit. Un adhésif avait été passé sur la face ; en partie disparu, il restait présent dans les creux.

Des teintes ocre foncé apparaissent au revers et des traces noires sur la face.

 

Description

Il s’agit d’un relief présentant la partie supérieure de six colonnes de texte hiéroglyphiques. Gravés en léger relief, les signes sont orientés vers la gauche. Ils sont de grand module comme, par exemple, ceux du linteau de Khainpou, grand dignitaire du milieu de la Vème dynastie (musée du Louvre E 25 094, voir ZIEGLER 1990 N° 35 p. 207-210). Les détails de chaque signe sont particulièrement soignés. Un filet de séparation, relativement large et en léger relief, encadre chaque colonne sauf à l’extrême droite, où un encadrement plus large semble indiquer la fin du tableau.

 

Le bloc comporte un segment d’une formule ḥtp-dj-nswt « l’offrande-que-donne-le-roi » Le nom du dieu n’est pas conservé. La formule d’offrande nous livre les titres du défunt à laquelle elle est destinée, à savoir le « chancelier du roi de Basse Égypte », « Ami unique ».

 

Le bas-relief a été visiblement extrait d’une paroi et grossièrement découpé, comme en témoignent encore aujourd’hui de nombreuses traces d’outils sur l’ensemble de la pierre. Les côtés et le revers, qui correspondent à des cassures, ont également été repris à l’outil. Le côté inférieur du relief présente des traces de petites gouges plates et le côté supérieur affiche une longue trace d’outil. Le revers est couvert de traces de ciseau. Au revers, le côté droit a été aplani et on y observe des traces de râpe et de griffures. Sur les deux côtés du relief, on observe des lignes de sciage, une se remarquant sur la face, au centre du deuxième filet de séparation. Il s’agit des restes d’une tentative de débiter le relief en différents morceaux mais qui n’a pas été achevée. Conséquence attribuable à cette opération, un morceau du bloc s’est détaché dans l’angle inférieur gauche.  

 

 

Le relief se trouvait originellement dans un tombeau. Il est probable qu’il surmontait une large composition présentant le défunt face à une table d’offrandes. Cette scène d’offrande, ainsi que le texte de la formule avaient vocation à permettre l’apport permanent de nourriture au défunt afin d’assurer la subsistance de son ka dans l’Au-delà. L’immortalisation de l’apport d’offrandes dans la pierre, à travers les stèles ou les parois des tombeaux, permettait de rendre perpétuel les cultes funéraires rendus initialement par des officiants religieux. Le défunt était un haut fonctionnaire de l’administration centrale, à qui avait été accordé une tombe à la hauteur du prestige de ses fonctions.

 

La datation de ce relief est délicate à déterminer. Compte tenu de la séquence de titres conservés, une datation remontant à l’Ancien Empire semblerait la plus vraisemblable.

 

Inscription

 

 

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Biron, 171 Bas-relief fragmentaire en pierre calcaire, comprenant le haut des 6 lignes verticales d’hiéroglyphes, le style et la finesse de ceux-ci permettent d’attribuer le morceau à l’époque de la 5e dynastie (ligne 1)[...] (ligne 6) […] Long. Max. 85 cent. Haut. max. 34 cent. Estimé cinq cents francs.

Donation Rodin à l’État français 1916.

 

 

Commentaire historique

Le relief était exposé à l'hôtel Biron en 1913, en préfiguration du futur musée.

< Retour à la collection