Masque funéraire d’homme

Égypte > Fayoum probablement (d'après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. (d'après le style)

[voir chronologie]

Plâtre polychromé et verre

H. 22 CM : l. 18 CM : P. 12 CM

Co. 1771

Comment

State of preservation

Seul le visage est conservé, avec les oreilles. Le dessus de la tête est cassé au niveau de la coiffe.
Le masque a été autrefois cassé, puis recollé.
La polychromie est lacunaire.

Des écaillages apparaissent au niveau de la barbe.

Description

Le masque représente un personnage masculin, portant la barbe et la moustache.

Les carnations sont de couleur rose foncé ; les cheveux noirs sont composés de mèches festonnées incisées dans la longueur.

Le dessus de la tête est couvert d’une étoffe, représentée par un graphisme noir sur fond beige. Une trace de bleu est également visible sur la coiffe au-dessus de l’oreille gauche. Les sourcils sont indiqués par un trait fin. Les yeux, réalisés en verre teinté, sont rapportés. Désaxés, ils sont mal placés, conséquence d'une restauration ancienne où onze fragments du masque ont été assemblés, entraînant des décalages. Le nez s’élargit considérablement au-dessus d’une petite bouche qui est déformée par la reconstitution du masque. La moustache, partiellement visible, est seulement peinte, alors que la barbe est en relief, faite de petites boules de plâtre écrasées pour schématiser des boucles.

Les oreilles, au large pavillon, sont rondes et décollées à l’égyptienne.

 

Etant donné l’état de conservation actuel de la polychromie et l’emplacement de la cassure, il est difficile de décrire précisément le motif qui ornait à l’origine la coiffe située à l’arrière de la tête. On trouve ce type de voile sur de nombreux masques funéraires, aussi bien masculins que féminins. Sa forme et son décor rappellent le nemes égyptien pharaonique. Le masque Co. 660 de la même collection porte également une coiffe, mais son décor à l’arrière de la tête est trop effacé pour établir une analogie avec celui de Co. 1771. Les retombées du voile sont néanmoins conservées, ce qui n’est pas le cas sur le masque Co. 1771.

A l’époque ptolémaïque, le dessus de la tête est souvent orné d’un motif stylisé en forme de scarabée ailé, et des rayures verticales décorent les retombées, quand elles sont conservées. Les extrémités des retombées peuvent même être agrémentées d’images représentant des divinités. On peut voir des exemples de ce type de voile sur des cartonnages de momies de cette époque (GRIMM 1974, pl. 1-3).

La coiffure faite de mèches festonnées incisées dans la longueur, portée par Co. 1771, est d’origine ptolémaïque, caractéristique du Ier siècle après J.-C. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 23). Trois masques arborant cette coiffure sont conservés au musée du Louvre et publiés dans AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 65 et p. 67-8. On peut souligner le fait qu’ils portent également un voile de type pharaonique.

La chevelure et la coiffe de Co. 1771 sont semblables au masque n° 12459 conservé aux Musées d’Art et d’Histoire de Genève, découvert à Touna el-Gebel. Le visage est cependant fort différent (GRIMM 1974, pl. 28, 3-4).

Un autre exemple de voile décoré est visible sur le masque JE 58506 conservé au musée égyptien du Caire (GRIMM 1974, pl. 39, 3-4). L’homme représenté porte la barbe et la chevelure en bouclettes.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Villa des Brillants à Meudon, Atelier de peinture vitrine 22, 515, "Masque d’homme en plâtre peint. Il porte la moustache et la barbe en collier : yeux en verre rapportés, creux à l’intérieur. Cassé et recollé. Haut. 22 cent. Estimé deux cent cinquante francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

Historic comment

Le masque était exposé du vivant de l'artiste sous vitrine, dans l'atelier de peinture de la Villa des Brillants à Meudon (voir images historiques ci-contre). 

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