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Relief funéraire en creux

Scène de rituel funéraire

Egypte > région thébaine, Deir el-Médineh

probablement Nouvel Empire > fin XVIIIe – début XIXe dynastie

[VOIR CHRONOLOGIE]

H. 41,6 CM ; P. 62,8 CM

Calcaire

Co. 1278

Comment

State of preservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation. Toutes les tranches sont cassées et aucune des tranches ne serait d’origine. Le revers a été complètement repris à l’outil. La pierre est en mauvais état et s’effrite à de nombreux endroits. La surface présente de nombreuses traces de choc et des griffures.

Description

Sur ce grand bloc de calcaire monolithe, au grain fin, une scène est sculptée en relief creux. L’avers de la pierre et la forme générale du bloc indiquent qu’il provient d’une paroi. Étant donné le rituel figuré sur ce bloc, il est fort probable qu’il provienne d’une tombe. Le style du relief évoque fortement la fin de la XVIIIe dynastie et le début de la XIXe dynastie et, d’après le nom du personnage central de ce fragment (Pached), il est possible de lui suggérer comme lieu de provenance Deir el-Médineh. Aucune trace de polychromie n’est observée.

 

La scène conservée se décompose en deux parties. A gauche, un couple se tient debout, tourné vers la droite, précédé de deux colonnes de hiéroglyphes. Devant eux, dans la partie droite du bloc, deux registres superposés présentent chacun quatre hommes accomplissant un rituel, agenouillés, ou debout. Le relief Co. 1278 correspond en effet à une scène de rituel funéraire où une théorie de prêtres, figurés sur les deux registres superposés, effectue l’acte de redonner vie aux statues d’un couple de défunt.

 

À gauche, on distingue la partie inférieure du corps d’un homme derrière lequel se tient une femme. Ils se tiennent debout, en position de marche. La femme enserre le poignet de l’homme. Il ne reste du couple que leurs corps représentés de la taille jusqu’aux chevilles. Ils sont nettement plus grands que les prêtres qui leur font face. L’homme est vêtu d’un long pagne uni, très fin et noué très bas sur le ventre. L’arrondi du ventre met en valeur la profondeur de son nombril, très apparent. Ses deux jambes transparaissent avec élégance sous le tissu du vêtement. Deux plis sont marqués sous la poitrine. Son bras droit est étendu le long du corps. Il serre dans son poing une longue pièce d’étoffe nouée. Son bras gauche a disparu mais le coude, légèrement replié, est encore visible en haut du relief. Il est possible de restituer qu’il tenait un long bâton –dit « bâton de commandement, insigne des hautes fonctions qu’il exerçait- dont la partie inférieure, encore visible devant les deux colonnes de texte, semble séparer le monde des vivants (les officiants) de celui des morts (le couple).

 

Une femme apparaît derrière lui, vêtue d’une longue robe. Son bras est tendu vers l’homme, sa main enserrant son poignet droit.

 

Leur identité est donnée dans les deux colonnes de hiéroglyphes cursifs : Pachedou (son père) et Nefermaât (sa « sœur »).

 

Face à eux, on observe huit hommes, des prêtres chargés du culte rendu au défunt et à sa famille. On remarque le jeu d’équilibre réalisé par l’artisan afin de conserver l’harmonie de la scène : les personnages debout sont figurés suivant une échelle plus petite que ceux accroupis, ce qui permet un subtil alignement des têtes (l’isocéphalie). L’image de quatre prêtres est conservée sur le registre supérieur, celle de quatre autres prêtres au registre inférieur. La scène conservée sur le relief Co. 1278 étant incomplète, il n’est pas possible de déterminer combien d’officiants participaient au rituel. Les prêtres agenouillés ont un long pagne lisse, identique à celui de Pachedou, tandis que ceux placés debout sont vêtus d’un pagne plissé à devanteau triangulaire. Ils ont tous le crâne rasé et sont pieds nus. Le registre supérieur est moins bien conservé. Il nous laisse distinguer la partie inférieure de quatre personnages. Le premier personnage, accroupi, est peu visible. Il est vêtu d’un long pagne lisse, assez similaire à celui de Pachedou. Son corps est irradié par un long rayon de soleil de type amarnien. Il est suivi de trois autres prêtres qui se tiennent debout et sont vêtus du pagne plissé à devanteau triangulaire. Il n’est pas possible de restituer les actes qu’ils étaient chargés d’effectuer.

 

Le registre inférieur est conservé sur presque toute sa hauteur. Le premier prêtre est agenouillé. Sa tête est rasée, à l’instar des autres prêtres de ce registre, et il est vêtu d’un pagne long uni, noué très bas, similaire à celui du défunt. Une bretelle ou une écharpe barre son torse en diagonale. Sa main droite, sculptée devant le bâton de commandement du défunt, présente à hauteur de visage un vase où brûle de l’encens ; sa main gauche est élevée à la même hauteur. Derrière lui un second prêtre se tient debout. Il est vêtu du pagne long et plissé identique à celui des prêtres du registre supérieur. Il élève à hauteur du visage un long ciseau en cuivre dans sa main droite, et une herminette dans sa main gauche. Un troisième officiant se tient derrière eux. Un repentir est à signaler au niveau du visage et de la silhouette, laissant imaginer la présence d’un autre personnage, en léger retrait. Agenouillé, le prêtre effectue l’acte henou, où l’égyptien ancien se frappait alternativement la poitrine pour exprimer sa jubilation.

 

À l’extrémité droite du registre, la figure d’un cinquième prêtre se distingue. Debout, vêtu d’un pagne plissé, il présente au défunt la nourriture essentielle à la survie dans l’au-delà, symbolisée ici par une cuisse de bœuf. Les actes très précis sculptés sur ce relief permettaient d’assurer la régénération des défunts, représentés dans une position active, celle de la marche. Les prêtres effectuent des fumigations d’encens, le rite d’ouverture de la bouche et des yeux du défunt grâce au ciseau et à l’herminette, la simulation de la joie pour induire le retour à la vie. Ces actes de réanimations, indispensables, permettaient d’accéder à une vie post-mortem. L’ordre de représentation des prêtres correspond au cérémonial ; l’image des défunts ayant été rendue à la vie par cette succession d’actes, le prêtre situé à l’extrême droite du registre inférieur a pour charge de leur apporter une nourriture, symbolique. Une scène rituelle provenant de Deir el-Médineh est à rapprocher du thème du relief Co. 1278 : la scène d’offrande à la statue d’Amenhotep Ier divinisé effectuée par le sculpteur Qen et de sa famille, datée de la XIXème dynastie (Musée Royal de Mariemont Inv. N° Ac. 78/11, in DERRICKS Claire, “Scène d’offrande à Amenhotep Ier”, DERRIKS, DELVAUX 2009, pp. 111-113). Sur le fragment de Mariemont, il ne s’agit plus d’une scène rituelle au bénéfice du défunt et sa famille, effectué devant leurs statues comme sur le relief Co. 1278 ; à l’inverse, le défunt et ses proche y effectuent une scène rituelle devant la statue d’un roi divinisé.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Hôtel Biron, 105, "Fragment de stèle en pierre calcaire, à deux registres. Au registre supérieur un personnage agenouillé suivi de trois autres debout (il ne subsiste des uns et des autres que la partie inférieure), au registre inférieur un personnage agenouillé présente l’encens, un autre, debout derrière lui ; présente l’our-hi kaou et l’instrument [dessin]. Le dernier personnage est lui-même suivi de deux autres agenouillés, et d’un troisième qui présentait la cuisse de bœuf et qui a disparu presque entièrement. Le côté gauche du bas relief est occupé par le défunt debout tourné vers la droite (tout le haut de son corps manque) ayant sa femme à côté de lui (celle-ci a disparu presque entièrement) L’inscription donne les noms de [hiéroglyphes] et de  [hiéroglyphes]. Calcaire. 62 x 40. Estimé sept cent francs."

Donation Rodin à l’État français 1916.

 

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