Quenouille à bulbe terminal

Provenance inconnue

Milieu du Ier-IIe siècle ap. J.-C.

H. 17,3 cm ; D. 0,7 cm

Os

Co. 5674

Commentaire

Etat de conservation

L’objet, à la couleur crayeuse, présente des taches brunes dans sa partie inférieure. Le sommet de la tête, ainsi que la pointe, sont cassés. De discrets sédiments se logent dans les incisions qui soulignent le col.

Description

La tige allongée, à section circulaire, propose une terminaison en forme de bulbe, qui surmonte deux fines moulures circulaires. Son diamètre décroît en allant vers son autre extrémité. L’absence de renflement semble indiquer qu’il s’agit bien d’une quenouille et non d’un fuseau. Instrument de la sphère féminine, la quenouille servait à recevoir les fibres animales, lors de l’opération de filage, tandis que le fil nouvellement créé s’enroulait autour du fuseau lesté d’une fusaïole. Ces ustensiles qui atteignaient parfois plus de 25 cm de long, convoquaient divers matériaux pour leur fabrication : bronze, verre, jais, ambre, mais aussi le bois, le roseau, l’ivoire et l’os. Les quenouilles façonnées comme la nôtre, à partir d’une matrice paraxiale de diaphyse d’os long de mammifère, étaient généralement de taille plus réduite. Ces instruments de filage peuvent être répartis en deux grandes catégories : les quenouilles avec ou sans anneau (DANVIDOVIĆ 2020, fig. 6 p. 85). Notre pièce répondait à ce dernier groupe, contrairement à la pièce Co. 2378 du musée Rodin.

 

À côté des quenouilles sans décor, se rencontrent des types faisant appel à différentes ornementations. La protubérance bulbiforme peut laisser place à un bouton globulaire, galbé placé entre deux disques, à une superposition de ce motif profilé, ou à une représentation anthropomorphe. Des exemplaires comparables à la pièce étudiée ont été répertoriés sur de nombreux sites (SCHENK 2008 p. 200 ; GOSTENČNIK 2005, p. 229-230). Le musée de Nîmes conserve deux quenouilles de grande taille pourvues d’un bouton terminal en forme de bulbe d’oignon (BÉAL 1984, type AXLI.1, n° 351-352 p. 85, pl. 17). On retrouve un objet similaire au musée national de Budapest (BIRÓ 1994, n° 55 p. 73, pl. IX p. 147). Trois exemplaires analogues, dont l’un est rehaussé d’un décor teint, proviennent des fouilles du Magdalensberg en Autriche (GOSTENČNIK 2005 p. 227-230, pl. 52/2-4, fig. 2-2 pl. 76). D’autres sites italiens (Monzana, Nave, Viadana, Casteggio) livrent aussi des spécimens appartenant à la même famille (BIANCHI 1995, p. 85, cat. 36, 60, 84, 119 p. 87-88). Des quenouilles terminées par une protubérance en forme de bulbe, mais au corps sculpté de spirales, ont été mises au jour sur le site d’Avenches en Suisse (SCHENK 2008, fig. 34 p. 57, p. 59-60, n° 499 p. 200, pl. 275), à Smyrne (Musée du Louvre, CA. 697.4)et à Tralles en Turquie (ÜNAL, ÖZCIHAN & TOY 2021, cat. n° 1 p. 279, fig. 9 p. 296). Souvent retrouvées en contexte funéraire, les quenouilles de cette typologie semblent pouvoir être datées entre le milieu du Ier et le second siècle ap. J.-C. d’après A. Schenk et K. Gostenĉnik.

 

Comparaisons

-Budapest, musée national, inv. 45.913.37a (BIRÓ 1994).

-Casteggio (BIANCHI 1995).

-Magdalensberg (GOSTENČNIK 2005).

-Nîmes, musée de la Romanité, inv. 007.3.47, 007.3.48.1-2 (BÉAL 1984).

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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