Applique de mobilier

Néréide

Égypte > provenance inconnue

VIe siècle ap. J.-C.

H. 3,2 cm ; L. 10 cm ; P. max. 0,7 cm

Os, fémur gauche de bœuf

Co. 2271

Commentaire

Etat de conservation

Amputée de sa partie inférieure, cette applique à la teinte claire, offre une nuance plus jaune au revers. D’abondants sédiments, mêlés à des concrétions, se remarquent au dos de la pièce.

Description

Par son attitude, la Néréide, dont ne subsiste que la partie supérieure du corps, rappelle fortement les reliefs Co. 2203, Co. 2214 et Co. 2267-Co. 2315 du musée Rodin. Son visage, orienté vers la droite, était sans doute tourné dans une direction opposée au reste du corps, tel qu’on peut l’observer sur la série de comparaisons citée. La Néréide était peut-être accoudée sur le corps du monstre marin qui la supportait. C’est à ce schéma, qui constitue un poncif dans le répertoire iconographique des appliques en os, découvertes en grand nombre en Égypte, qu’appartiennent les appliques, fidèles à l’héritage classique, Co. 2070 du musée Rodin et 18749 du musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 166 p. 116 pl. 49b). En se reportant à ces modèles, on mesure la distance prise sur le plan formel, par notre relief. Toutefois, la position de la jeune femme n’est pas clairement établie. Il semble plutôt qu’elle écartait les bras. En ce cas, elle aurait davantage rappelé sur le plan iconographique, la figure de la pièce Co. 2264 ou celles au visage rond et fort de l’Albertinum Museum de Dresde (PAGENSTECHER 1913, n° 6-7 p. 233, pl. LVII-6, 7).

 

La divinité marine se caractérise, en effet, par une forte stylisation. Le corps aux membres rigides est pourvu d’une tête lourde aux traits grossiers. Le visage, mangé par un œil incisé avec rudesse et un nez proéminent, est bordé d’une chevelure en calotte composée de grosses mèches juxtaposées. Le bras droit, allongé avec excès, retient le voile de la naïade gonflé par le vent. Toutefois, le drapé se résume à une incision courbe qui suit le bord sommital et à des retombées aux plis incisés avec rapidité. Le corps massif et le visage traité avec une certaine brutalité s’accordent mal avec l’évocation d’une nymphe glissant sur l’onde, en compagnie d’un monstre marin.

 

La déformation de l’anatomie, sa simplification extrême, combinée à un travail heurté de l’os, constituent les traits les plus caractéristiques d’une série d’éléments de placage du musée Rodin. La schématisation poussée du corps et du visage témoigne d’une approche stylistique complètement différente des exemplaires encore tributaires de la tradition hellénistique. Cette dissolution des formes dans l’arrière-plan, et leur caractère très approximatif, inclinent à penser que cette pièce n’a raisonnablement pas pu être sculptée avant le VIe siècle.

 

Comparaisons

-Paris, musée Rodin, Co. 2203, Co. 2214, Co. 2267-Co. 2325.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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