Œil gauche provenant d’un masque funéraire

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains

[voir chronologie]

Verre peint

H. 1,5 CM : l. 4,2 CM : P. 0,4 CM

Co. 5949

Comment

State of preservation

L’œil a conservé son aspect brillant.

Description

L’œil est composé de deux plaques de verre. La première, formant la sclérotique, légèrement concave, est teintée en blanc. Sur une surface circulaire plate au centre, peinte en noire, est collée la deuxième plaque de verre, transparente.


En tout neuf yeux semblables, provenant de masques funéraires, sont conservés dans les réserves du musée (Co. 5947 à Co. 5955), ainsi que des fragments d’entourage de ces yeux en verre teinté bleu.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Meudon / pavillon de l'Alma / vitrine 15, 444, "Douze yeux provenant de masques funéraires, yeux de quartz et verre enchassés dans un entourage en pâte de verre bleue plus un oeil non enchassé et des fragments d'entourages d'yeux en pâte de verre bleue ; le tout réuni dans une boite en bois avec 2 scarabés en terre émaillée. Estimé à 40 francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

 

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Œil droit provenant d’un masque funéraire

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains

[voir chronologie]

Verre peint

H. 1,4 CM : l. 3,6 CM : P. 0,4 CM

Co. 5948

Comment

State of preservation

L’œil a conservé son aspect brillant.

Description

L’œil est composé de deux plaques de verre. La première, formant la sclérotique, légèrement concave, est teintée en blanc. Sur une surface circulaire plate au centre, peinte en noire, est collée la deuxième plaque de verre, transparente. Elle forme l’iris.


En tout neuf yeux semblables, provenant de masques funéraires, sont conservés dans les réserves du musée (Co. 5947 à Co. 5955), ainsi que des fragments d’entourage de ces yeux en verre teinté bleu.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Meudon / pavillon de l'Alma / vitrine 15, 444, "Douze yeux provenant de masques funéraires, yeux de quartz et verre enchassés dans un entourage en pâte de verre bleue plus un oeil non enchassé et des fragments d'entourages d'yeux en pâte de verre bleue ; le tout réuni dans une boite en bois avec 2 scarabés en terre émaillée. Estimé à 40 francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

 

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Œil gauche provenant d’un masque funéraire

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains

[voir chronologie]

Verre peint

H. 1,4 CM : l. 3,4 CM : P. 0,5 CM

Co. 5947

Comment

State of preservation

L’œil a conservé son aspect brillant.

Description

L’œil est composé de deux plaques de verre. La première, formant la sclérotique, légèrement concave, est teintée en blanc. Sur une surface circulaire plate au centre, peinte en noire, est collée la deuxième plaque de verre, transparente. Elle forme l’iris.


Huit autres yeux semblables, provenant de masques funéraires, sont conservés dans les réserves du musée : Co. 5948 à Co. 5955, ainsi que des fragments d’entourage de ces yeux en verre teinté bleu.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Meudon / pavillon de l'Alma / vitrine 15, 444, "Douze yeux provenant de masques funéraires, yeux de quartz et verre enchassés dans un entourage en pâte de verre bleue plus un oeil non enchassé et des fragments d'entourages d'yeux en pâte de verre bleue ; le tout réuni dans une boite en bois avec 2 scarabés en terre émaillée. Estimé à 40 francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

 

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Masque funéraire d’enfant ou de jeune homme

Egypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. après J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

H. 16 CM : l. 12 CM : P. 10,5 CM

Co. 1772

Comment

State of preservation

Le visage ainsi que la plaque de fond sont conservés. Le masque est cassé au niveau du cou, un fragment de coiffe est encore visible à droite. Le nez est endommagé au niveau des narines.
Les zones de contact entre la plaque de fond et le masque sont peu nombreuses. De la toile est visible dans les interstices.
La polychromie ne subsiste qu’à l’état de traces. L’or, qui est mentionné dans l’inventaire de 1913 : « masque (…) recouvert d’une couche d’or qui subsiste en partie », n’a pas été détecté lors de la campagne de restauration de 1993.

Description

Le masque est celui d'un garçon ou d'un jeune homme.

La rondeur juvénile du visage est soulignée par la coiffure très schématique, en forme de calotte, faite d’incisions parallèles et régulières.

La tête était ornée d’un voile qui dégage le crâne presque complètement, et dont un fragment est encore visible sur le côté droit, passant sous l’oreille.

Le visage est imberbe. Les yeux, très grands, sont incrustés en verre opaque, teinté de blanc (pour la sclérotique), de noir (pour l’iris) et cerclés de bleu. Les sourcils sont indiqués en léger relief. Le nez est fin et de forme triangulaire. La bouche présente une lèvre inférieure plus étroite que la lèvre supérieure.

Les oreilles, schématiquement modelées, sont placées bas sur le crâne.

 

La coiffure est une version stylisée de celle, sobre et stricte, de l’empereur Trajan (98-117 ap. J.-C.). Voir par exemple la tête de statue Inv. 336 conservée à la Glyptothèque de Munich (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 23).

Le musée du Louvre, à Paris, conserve d’autres masques portant la même coiffure, mais présentant des variantes dans la forme et la longueur des stries. Ils sont tous datés de la même période, c’est-à-dire la première moitié du IIe siècle après J.-C. : E 12622 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 107, B 34), AF 12535, AF 6676 et E 20199 (ibid. p. 109-111, B 36 à B 38). Certains ont le visage imberbe (comme Co. 1772), d’autres portent la moustache ou la barbe.

 

Un masque quasiment identique – à la différence que les yeux étaient peints et non rapportés – est conservé au musée Allard Pierson, le musée archéologique de l’université d’Amsterdam, sous le numéro d’inventaire APM 7110 (GRIMM 1974, p. 73 et pl. 21, 2).

A la différence de Co. 1772, il a conservé une partie de sa polychromie, peinture noire sur les cheveux, et pigment brun-rouge sur le visage.

Le masque E 21396 du musée du Louvre, à Paris, présente le même visage rond et porte la même coiffure. Bien que les yeux soient lacunaires sur le masque du Louvre, ils sont aussi particulièrement grands et devaient très probablement être incrustés d’une plaquette de verre peinte munie d’un contour de verre bleu. Le masque du Louvre provient d’Antinoé (fouilles d’A. Gayet, 1896-1897) et est également daté de la première moitié du IIe siècle après J.-C. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 106, B 33).

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel ? (d’après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. ap. J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

L. 17,2 CM : l. 31,5 CM : P. 17,5 CM

Co. 3428

Comment

State of preservation

Le masque a conservé une partie de son plastron (cou).
Lors de la restauration de 2005, les quatre fragments de la tresse ont été recollés sur la chevelure.
Le masque apparaît très endommagé, surtout au niveau du visage. Les volumes présentent en effet de nombreuses pertes de matière (nez, joues, menton, cheveux) et la presque totalité de l’épiderme a disparu, entraînant la polychromie avec lui. Seuls des restes de couleur noire sont encore conservés dans les cheveux. L’œil droit est manquant.
En outre, nous avons vraisemblablement plus d’une quarantaine de fragments qui correspondent à des cassures (notamment de la coiffure) et aux délitages en couche de l’épiderme.

Description

Le masque est celui d'une femme.
La partie antérieure de la coiffure est composée de deux bandeaux ondulés – marqués par des incisions parallèles – séparés par une raie médiane, et se terminant par une longue boucle torsadée le long des joues. Une double tresse en forme de « bretzel », moulée ou modelée à part, est rapportée sur la chevelure. Elle est maintenue par deux liens à l’avant et à l’arrière. Sous la tresse et derrière les oreilles, les cheveux sont indiqués par de fines incisions parallèles.
Le visage est plein, les sourcils en relief. Les yeux sont traités en oblique avec la paupière supérieure légèrement tombante. Ils sont constitués de plaquettes de verre opaque enchâssées, maintenues en place par les paupières, modelées en stuc et ajoutées sur le pourtour des plaquettes.
Malgré le mauvais état de conservation du nez – à moitié arraché – on peut voir que l’arête est soulignée par un méplat. La petite bouche est souriante, et le sillon naso-labial est marqué. Les oreilles sont petites, leur creux est bien indiqué.

 

Les masques Co. 3247, Co. 3248 et Co. 3428 sont très ressemblants, tant du point de vue de la technique que du style. Aucun des trois masques ne conserve de bijoux (mais ils étaient peut-être initialement peints).

Le visage est caractérisé par une forme ovale aux joues pleines, des arcades sourcilières marquées, des yeux enchâssés placés en oblique avec les paupières supérieures légèrement tombantes, et un nez droit souligné par un méplat. On remarque que le visage de Co. 3248 est plus rond et le dessin de la bouche un peu différent : les commissures de la lèvre supérieure descendent, ce qui lui confère une moue boudeuse, alors que les deux autres visages esquissent un léger sourire.

Co. 3247 et Co. 3248 présentent la même fossette au menton (le menton de Co. 3428 est trop abîmé pour pouvoir en juger). Les trois masques ont le sillon naso-labial indiqué au moyen d’une trace laissée par un outil dans le plâtre.

Quant à la coiffure, elle est composée de plusieurs parties, comme pour la majorité des masques féminins. Sur le front, deux bandeaux de cheveux ondulés, rendus par des incisions parallèles, sont séparés par une raie médiane. Une mèche torsadée descend le long des joues devant les oreilles. Ces caractéristiques sont identiques sur les trois masques. Les traits du visage, ainsi que les cheveux ondulés sur la tête et torsadés sur les côtés rappellent la coiffure des « koré » du VIe siècle av. J.-C., telle qu’on peut la voir par exemple sur la célèbre statue de la « Koré au péplos » du musée de l’Acropole d’Athènes (n° 679).

 

On constate cependant des différences notables dans la coiffure. Les cheveux dissimulent en partie les oreilles de Co. 3247, alors qu’ils laissent celles de Co. 3248 et Co. 3428 entièrement découvertes. La forme des bandeaux de Co. 3428 est différente : les ondulations ne partent pas vers les côtés, comme pour les deux autres masques, mais descendent vers le bas. De plus, ils sont délimités par une mèche torsadée sur le front. Quant au reste de la coiffure, il n’est malheureusement plus possible d’en juger pour Co. 3248, étant donné son état de conservation. Mais on remarque que les masques Co. 3247 et Co. 3428 présentent de grandes différences. Pour le premier, le dessus de la tête se compose de bandeaux incisés ; le chignon à l’arrière est placé verticalement. Pour le second, les cheveux sont rassemblés en une double tresse qui forme un chignon large maintenu par un lien, à l’arrière. Le dessus de la tête est orné de lignes incisées pour indiquer que les cheveux sont tirés vers l’arrière.

 

On trouve un nombre important de parallèles à ces masques dans les collections muséales. Il est très probable qu’ils proviennent d’une fabrication en série de Touna el-Gebel, nécropole de l’ancienne cité d’Hermopolis Magna en Moyenne-Égypte, site d’où provient la majorité des masques funéraires conservés (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes). Parmi ces parallèles, on note de grandes différences dans l’arrière de la coiffure (chignon), comme c’est le cas pour les deux masques Co. 3247 et Co. 3428. Ces variantes semblent logiques, étant donné que cette partie de la coiffure pouvait être fabriquée à part et rapportée sur la chevelure (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 15). Elle est sans doute à mettre en relation avec la mode capillaire de l’époque, qui suivait pour les femmes la coiffure portée par l’impératrice romaine sur ses représentions officielles, avec parfois des variantes (GRIMM 1974, p. 71).

 

Voici cinq exemples particulièrement proches, tant au niveau du visage que de la coiffure. A noter que tous proviennent de Touna el-Gebel :

- Paris, Musée du Louvre E 12055 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 91, B 17). Ce masque, bien que fragmentaire, est identique à Co. 3248.

- Musée du Caire J.E. 58503 (GRIMM 1974, pl. 84,3).

- Frankfurt sur le Main, Liebieghaus Inv. M. 458 (GRIMM 1974, pl. 85,1).

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12484.

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12456.

 

Voici deux autres masques similaires :

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 13742 (GRIMM 1974, pl. 87,3-4) est identique au masque Co. 3247. La polychromie du visage est en grande partie conservée. Sa provenance est inconnue.

- Amiens, musée de Picardie M.P.D.94.3.202 (PERDU 1994, p. 54, n° 61), provient peut-être d’Antinoé. Il est stylistiquement très proche du masque Co. 3428.

 

Quant à la datation de ces masques, elle est assurée par l’analogie avec la coiffure mise à la mode par l’impératrice romaine. (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes)

Co. 3428 reproduit la coiffure de Sabine, épouse de l’empereur Hadrien (dates de règne : 117-138 ap. J.-C.), caractérisée par des bandeaux plus ou moins ondulés et par une natte souple et évasée couronnant le crâne à la manière d’un turban. On peut l’observer par exemple sur un buste en marbre conservé au musée du Prado (Ca. 130). (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 21 et GRIMM 1974, p. 83-4, cf. pl. 82-3)

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

Historic comment

Le masque était exposé du vivant de l'artiste dans l'atelier de peinture de la Villa des Brillants à Meudon, avec le masque Co. 3430. Il était présenté à l'intérieur d'une vitrine, mis en valeur et protégé par une vitrine-cloche à armatures métalliques (voir images historiques ci-contre).

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Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel ? (d’après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. ap. J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

H. 18,1 CM : l. 17,6 CM : P. 13 CM

Co. 3248

Comment

State of preservation

Le masque n’a conservé que la partie du visage, cassée au niveau du cou et sous l’oreille droite. Un autre élément, aujourd’hui disparu, formait la boîte crânienne.
De nombreux manques sont observés dans l’épaisseur du matériau.
L’épiderme a en grande partie disparu, ainsi que la presque totalité de la polychromie. Les deux yeux sont cassés de façon similaire, sur le côté extérieur, le long de l’iris. L’œil droit ne montre aucun décalage. La partie externe de l’œil gauche, très légèrement enfoncée, présente un faible décalage.

Description

Le masque est celui d'une femme.

La partie antérieure de la coiffure est composée de deux bandeaux ondulés – marqués par des incisions parallèles – séparés par une raie médiane, et se terminant par une longue boucle torsadée le long des joues, devant les oreilles.

Le visage est plein, les sourcils modelés. Les yeux sont traités en oblique avec la paupière supérieure légèrement tombante. Ils sont constitués de plaquettes de verre opaque enchâssées, maintenues en place par les paupières, modelées en stuc et ajoutées sur le pourtour des plaquettes.

L’arête du nez droit est soulignée par un méplat, les narines sont bien indiquées. La petite bouche esquisse un léger sourire. Le sillon naso-labial et une fossette au menton sont présents ; quant aux oreilles, elles sont bien modelées.

Aucun bijou n’est conservé.

 

Les masques Co. 3247, Co. 3248 et Co. 3428 sont très ressemblants, tant du point de vue de la technique que du style. Aucun des trois masques ne conserve de bijoux (mais ils étaient peut-être initialement peints).

Le visage est caractérisé par une forme ovale aux joues pleines, des arcades sourcilières marquées, des yeux enchâssés placés en oblique avec les paupières supérieures légèrement tombantes, et un nez droit souligné par un méplat. On remarque que le visage de Co. 3248 est plus rond et le dessin de la bouche un peu différent : les commissures de la lèvre supérieure descendent, ce qui lui confère une moue de type "boudeuse", alors que les deux autres visages esquissent un léger sourire.

Co. 3247 et Co. 3248 présentent la même fossette au menton (le menton de Co. 3428 est trop abîmé pour pouvoir en juger). Les trois masques ont le sillon naso-labial indiqué au moyen d’une trace laissée par un outil dans le plâtre.

Quant à la coiffure, elle est composée de plusieurs parties, comme pour la majorité des masques féminins. Sur le front, deux bandeaux de cheveux ondulés, rendus par des incisions parallèles, sont séparés par une raie médiane. Une mèche torsadée descend le long des joues devant les oreilles. Ces caractéristiques sont identiques sur les trois masques. Les traits du visage, ainsi que les cheveux ondulés sur la tête et torsadés sur les côtés rappellent la coiffure des « koré » du VIe siècle av. J.-C., telle qu’on peut la voir par exemple sur la célèbre statue de la « Koré au péplos » du musée de l’Acropole d’Athènes (n° 679).

 

On constate cependant des différences notables dans la coiffure. Les cheveux dissimulent en partie les oreilles de Co. 3247, alors qu’ils laissent celles de Co. 3248 et Co. 3428 entièrement découvertes. La forme des bandeaux de Co. 3428 est différente : les ondulations ne partent pas vers les côtés, comme pour les deux autres masques, mais descendent vers le bas. De plus, ils sont délimités par une mèche torsadée sur le front. Quant au reste de la coiffure, il n’est malheureusement plus possible d’en juger pour Co. 3248, étant donné son état de conservation. Mais on remarque que les masques Co. 3247 et Co. 3428 présentent de grandes différences. Pour le premier, le dessus de la tête se compose de bandeaux incisés ; le chignon à l’arrière est placé verticalement. Pour le second, les cheveux sont rassemblés en une double tresse qui forme un chignon large maintenu par un lien, à l’arrière. Le dessus de la tête est orné de lignes incisées pour indiquer que les cheveux sont tirés vers l’arrière.

 

On trouve un nombre important de parallèles à ces masques dans les collections muséales. Il est très probable qu’ils proviennent d’une fabrication en série de Touna el-Gebel, nécropole de l’ancienne cité d’Hermopolis Magna en Moyenne-Égypte, site d’où provient la majorité des masques funéraires conservés (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes). Parmi ces parallèles, on note de grandes différences dans l’arrière de la coiffure (chignon), comme c’est le cas pour nos deux masques Co. 3247 et Co. 3428. Ces variantes semblent logiques, étant donné que cette partie de la coiffure pouvait être fabriquée à part et rapportée sur la chevelure. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 15). Elle est sans doute à mettre en relation avec la mode capillaire de l’époque, qui suivait pour les femmes la coiffure portée par l’impératrice romaine sur ses représentions officielles, avec parfois des variantes. (GRIMM 1974, p. 71)

 

Voici cinq exemples particulièrement proches, tant au niveau du visage que de la coiffure. A noter que tous proviennent de Touna el-Gebel :

- Paris, Musée du Louvre E 12055 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 91, B 17). Ce masque, bien que fragmentaire, est identique à Co. 3248.

- Musée du Caire J.E. 58503 (GRIMM 1974, pl. 84,3).

- Francfort sur le Main, Liebieghaus Inv. M. 458 (GRIMM 1974, pl. 85,1).

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12484.

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12456.

 

Voici deux autres masques similaires :

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 13742 (GRIMM 1974, pl. 87,3-4) est identique au masque Co. 3247. La polychromie du visage est en grande partie conservée. Sa provenance est inconnue.

- Amiens, musée de Picardie M.P.D.94.3.202 (PERDU 1994, p. 54, n° 61), provient peut-être d’Antinoé. Il est stylistiquement très proche du masque Co. 3428.

 

Quant à la datation de ces masques, elle est assurée par l’analogie avec la coiffure mise à la mode par l’impératrice romaine (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes).

Bien que le masque Co. 3248 n’aie pas conservé l’arrière de la coiffure, il y a de fortes chances pour qu’il soit daté de la même époque que Co. 3247, étant donné la très forte ressemblance entre ces deux masques.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel ? (d’après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. ap. J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

L. 24 CM : l. 16 CM : P. 16,5 CM

Co. 3247

Comment

State of preservation

Le masque a conservé le visage et la boîte crânienne.
La fine couche de stuc de finition, s’est délitée et est devenue très lacunaire. Des manques ponctuels dans l’épaisseur du stuc sont localisés, sous le menton, sur l’oreille droite, dans la chevelure et surtout sur le chignon, où le stuc semble rongé. Des cassures avec des pertes de matière sont observées au niveau du cou et sous les oreilles.
De légères traces d’usure par frottement sont visibles sur les cheveux.

La presque totalité de la polychromie a disparu. Des restes minimes sont observés : sur les carnations, du rose clair, appliqué sur une sous-couche ocre rose orangé est sauvegardé dans le creux des narines. Un rehaut plus foncé est observé dans la narine gauche (un amas de sable, éliminé lors de la campagne de restauration de 2005, a probablement favorisé la conservation de la polychromie à cet endroit). Le noir dans la chevelure et sur les bordures des paupières est très lacunaire et très fin.

Description

Le masque est celui d'une femme.
La partie antérieure de la coiffure est composée de deux bandeaux ondulés – marqués par des incisions parallèles – séparés par une raie médiane, et se terminant par une longue boucle torsadée le long des joues, devant les oreilles. Derrière les bandeaux, les cheveux, dessinant des chevrons, sont réunis de chaque côté en plusieurs nattes épousant la courbe du crâne. A l’arrière, les nattes sont assemblées en un chignon placé verticalement, probablement fixé à l’origine au moyen d’une épingle, car un trou est visible en son sommet.
Le visage est plein, les sourcils modelés. Les yeux sont traités en oblique avec la paupière supérieure légèrement tombante. Ils sont constitués de plaquettes de verre opaque enchâssées, maintenues en place par les paupières, modelées en stuc et ajoutées sur le pourtour des plaquettes.
Le nez est droit et légèrement busqué à son extrémité. Son arête est soulignée par un méplat, les narines sont bien indiquées. La bouche est petite et souriante. Le sillon naso-labial et une fossette au menton sont présents. Les petites oreilles sont à moitié dissimulées par les cheveux. Aucun bijou n’est conservé.

 

Les masques Co. 3247, Co. 3248 et Co. 3428 sont très ressemblants, tant du point de vue de la technique que du style. Aucun des trois masques ne conserve de bijoux (mais ils étaient peut-être initialement peints).

Le visage est caractérisé par une forme ovale aux joues pleines, des arcades sourcilières marquées, des yeux enchâssés placés en oblique avec les paupières supérieures légèrement tombantes, et un nez droit souligné par un méplat. On remarque que le visage de Co. 3248 est plus rond et le dessin de la bouche un peu différent : les commissures de la lèvre supérieure descendent, ce qui lui confère une moue boudeuse, alors que les deux autres visages esquissent un léger sourire.

Co. 3247 et Co. 3248 présentent la même fossette au menton (le menton de Co. 3428 est trop abîmé pour pouvoir en juger). Les trois masques ont le sillon naso-labial indiqué au moyen d’une trace laissée par un outil dans le plâtre.

Quant à la coiffure, elle est composée de plusieurs parties, comme pour la majorité des masques féminins. Sur le front, deux bandeaux de cheveux ondulés, rendus par des incisions parallèles, sont séparés par une raie médiane. Une mèche torsadée descend le long des joues devant les oreilles. Ces caractéristiques sont identiques sur les trois masques. Les traits du visage, ainsi que les cheveux ondulés sur la tête et torsadés sur les côtés rappellent la coiffure des « koré » du VIe siècle av. J.-C., telle qu’on peut la voir par exemple sur la célèbre statue de la « Koré au péplos » du musée de l’Acropole d’Athènes (n° 679).

 

On constate cependant des différences notables dans la coiffure. Les cheveux dissimulent en partie les oreilles de Co. 3247, alors qu’ils laissent celles de Co. 3248 et Co. 3428 entièrement découvertes. La forme des bandeaux de Co. 3428 est différente : les ondulations ne partent pas vers les côtés, comme pour les deux autres masques, mais descendent vers le bas. De plus, ils sont délimités par une mèche torsadée sur le front. Quant au reste de la coiffure, il n’est malheureusement plus possible d’en juger pour Co. 3248, étant donné son état de conservation. Mais on remarque que les masques Co. 3247 et Co. 3428 présentent de grandes différences. Pour le premier, le dessus de la tête se compose de bandeaux incisés ; le chignon à l’arrière est placé verticalement. Pour le second, les cheveux sont rassemblés en une double tresse qui forme un chignon large maintenu par un lien, à l’arrière. Le dessus de la tête est orné de lignes incisées pour indiquer que les cheveux sont tirés vers l’arrière.

 

On trouve un nombre important de parallèles à ces masques dans les collections muséales. Il est très probable qu’ils proviennent d’une fabrication en série de Touna el-Gebel, nécropole de l’ancienne cité d’Hermopolis Magna en Moyenne-Égypte, site d’où provient la majorité des masques funéraires conservés (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes). Parmi ces parallèles, on note de grandes différences dans l’arrière de la coiffure (chignon), comme c’est le cas pour nos deux masques Co. 3247 et Co. 3428. Ces variantes semblent logiques, étant donné que cette partie de la coiffure pouvait être fabriquée à part et rapportée sur la chevelure (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 15). Elle est sans doute à mettre en relation avec la mode capillaire de l’époque, qui suivait pour les femmes la coiffure portée par l’impératrice romaine sur ses représentions officielles, avec parfois des variantes (GRIMM 1974, p. 71).

 

Voici cinq exemples particulièrement proches, tant au niveau du visage que de la coiffure. A noter que tous proviennent de Touna el-Gebel :

- Paris, Musée du Louvre E 12055 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 91, B 17). Ce masque, bien que fragmentaire, est identique à Co. 3248.

- Musée du Caire J.E. 58503 (GRIMM 1974, pl. 84,3).

- Francfort sur le Main, Liebieghaus Inv. M. 458 (GRIMM 1974, pl. 85,1).

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12484.

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 12456.

 

Voici deux autres masques similaires :

- Genève, Musées des Arts et d’Histoire n° 13742 (GRIMM 1974, pl. 87,3-4) est identique au masque Co. 3247. La polychromie du visage est en grande partie conservée. Sa provenance est inconnue.

- Amiens, musée de Picardie M.P.D.94.3.202 (PERDU 1994, p. 54, n° 61), provient peut-être d’Antinoé. Il est stylistiquement très proche du masque Co. 3428.

 

Quant à la datation de ces masques, elle est assurée par l’analogie avec la coiffure mise à la mode par l’impératrice romaine (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes).

La coiffure de Co. 3247 est inspirée de celle de Faustine l’Ancienne, femme d’Antonin le Pieux (successeur d’Hadrien, empereur de 138 à 161 ap. J.-C.). Un buste en marbre qui se trouve à Rome, au Musée du Capitole (Inv. 447) présente cette coiffure particulière, composée de bandeaux ondulés à l’avant et d’un chignon vertical « en cimier » sur la tête.

Bien que le masque Co. 3248 n’aie pas conservé l’arrière de la coiffure, il y a de fortes chances pour qu’il soit daté de la même époque que Co. 3247, étant donné la très forte ressemblance entre ces deux masques.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

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Tête de jeune homme ou de femme

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > vers 325-350 après J-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé et verre

H. 20 CM : l. 15 CM : P. 15,5 CM

Co. 1773

Comment

State of preservation

La tête est conservée en entier, ainsi que le cou.
Un manque à l’arrière de la tête, au-dessus de la nuque, et sur la lèvre inférieure. Les oreilles sont également endommagées.
L’épiderme a en grande partie disparu, entraînant avec lui la polychromie du visage.
Quelques traces de couleur noire sur les cheveux.

Description

Plus qu’un masque, il s’agit d’une tête en ronde-bosse appelée « tête boule » (de l’allemand kugelkopf). Elle représente peut-être un jeune homme aux cheveux ras, ou une femme à la coiffure en calotte, qui épouse la rotondité du crâne. Dans ce cas, les cheveux, qui sont « peignés » dans une couche de stuc frais, apparaissent comme tirés vers l’arrière, et devaient probablement à l’origine être réunis en un chignon. Le chignon ayant aujourd’hui disparu, il ne reste plus sur l’occiput qu’une surface lisse qui indiquerait son emplacement (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 22). Les cheveux étaient noirs à l’origine (quelques traces subsistent).

Sous la courbe des sourcils – indiquée en relief –, les yeux, recouverts d’une fine plaque de verre colorée, sont placés en oblique. La paupière supérieure est en net surplomb. L’absence d’épiderme laisse voir la couche de stuc ajoutée autour des yeux pour maintenir les plaquettes de verre en place. Le nez se réduit à un cône fin. La bouche est très petite et les lèvres légèrement proéminentes. Le sillon naso-labial et une fossette au menton sont présents.

 

Les « têtes boules » sont la dernière étape du masque funéraire égyptien en stuc. Par leur grande schématisation, elles correspondent tout à fait à l’évolution stylistique qui commence dès l’époque de Dioclétien (empereur de 284 à 305 après J.-C.) dans tout l’empire romain (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 175). Comparer avec les deux têtes analogues conservées à Paris, Musée du Louvre AF 6665 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 175, E 3 et 1998 Portraits de l’Egypte romaine, p. 79, cat. n° 34) et AF 6701 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 175, E 4). Sur cette deuxième tête, une zone légèrement concave contourne le crâne, peut-être pour recevoir une tresse (?), et sur l’occiput subsiste l’emplacement pour le chignon, comme sur Co. 1773. Ils sont de provenance inconnue et datés du IVe siècle après J.-C.

Une autre tête, quasiment identique, est conservée à Francfort sur le Main, Liebieghaus Inv. M. 449 A (provenance : Touna el-Gebel) (GRIMM 1974, pl. 107, 2). La différence la plus visible se situe au niveau des yeux, plus étroits sur la tête de Francfort.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État français 1916.

Historic comment

Le masque était exposé du vivant de Rodin dans l'atelier de peinture de la Villa des Brillants à Meudon, protégé par une vitrine (voir images historiques ci-contre).

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Masque funéraire de femme

Égypte > Touna el-Gebel ? (D’après le style)

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. après J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé, verre opaque et verre peint

Partie postérieure, chevelure : H. 14 CM : l. 16,5 CM : P. 11 CM. Visage : H. 11,5 CM. : l. 20,5 CM. : P. 15 CM.

Co. 3430

Comment

State of preservation

Le masque est conservé en deux éléments principaux : le visage et la partie postérieure de la coiffure avec le dosseret. Une partie du cou est conservée. La coiffure est cassée en de nombreux fragments, dont huit ont été recollés lors de la restauration de 2005.
Le masque apparaît très endommagé, avec de nombreux volumes manquants ou fragmentaires, et la presque totalité de la polychromie a disparu.
Les réserves conservent vraisemblablement plus d’une trentaine de fragments qui correspondent à des cassures et aux délitages de l’épiderme. L’œil gauche est détaché.

Description

Le masque est celui d'une femme, la nuque reposant sur l’amorce d’un dosseret.

La coiffure est composée de trois parties : à l’avant une partie bombée, faite de cheveux ondulés séparés par une raie médiane, borde le front et les tempes, une mèche torsadée descendant le long de la joue. La chevelure se transforme ensuite au sommet de la tête en côtes de melon, et se termine à l’arrière en tresses incisées en chevrons, ramenées ensemble et maintenues en chignon en forme de « bretzel » par un large lien rouge. Le long des joues descendent deux longues mèches torsadées.

Les arcades sourcilières sont en relief, les yeux sont incrustés en verre opaque (seul l’œil droit est en place). Le visage se caractérise par des joues pleines, un nez relativement large en forme de cône et une petite bouche aux lèvres minces.

Aucun bijou n’est conservé.

 

Le visage est standard, typique de la fabrication en série de Touna el-Gebel, et donc semblable à de nombreux masques, aussi bien masculins que féminins (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes ; AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 181). Voir à titre de comparaison les masques Co. 3250 et Co. 3252 de la même collection et surtout le masque-plastron E 12053 conservé au musée du Louvre (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 130, C1).

Le visage de ce masque est décrit comme « ovale, avec une petite bouche, une fossette sur le menton et un nez aux narines creusées. Les traits sont mous, les yeux à fleur de tête. Ils sont rendus par une plaque de verre peinte à l’envers, l’œil droit étant plus petit que le gauche » (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 130.).

 

Quant à la coiffure, il s’agit vraisemblablement d’une variante de celle du masque Co. 3250, mise à la mode par Sabine, épouse de l’empereur Hadrien (vers 86-137 ap. J.-C.), telle qu’on peut l’observer sur un buste en marbre conservé au musée du Prado (Ca. 130). (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 21 et GRIMM 1974, p. 83-4.)

Un autre exemple de cette coiffure, caractérisée par un large chignon en forme de « bretzel », fait de tresses rassemblées et maintenu comme sur Co. 3430 par un lien rouge, est visible sur un masque conservé au Musée Allard Pierson d’Amsterdam (Inv. 725). Il provient de Touna el-Gebel et est daté de 100-150 ap. J.-C. (HAARLEM 1996, p. 81-3).

D’autres variantes de la coiffure de Sabine sont publiées chez GRIMM 1974, pl. 82-3.

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

Donation Rodin à l'État frnçais 1916.

 

Historic comment

Le masque était exposé dans l'atelier de peinture de la Villa des Brillants à Meudon, avec le masque Co. 3428. Il était exposé dans une vitrine, mis en valeur et protégé par une petite vitrine-cloche à armatures métallique. 

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Masque funéraire d’homme

Égypte > provenance inconnue

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > IIe-IIIe s. après J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychromé doré à la feuille et verre

H. 30,5 CM : l. 18 CM : P. 16 CM

Co. 3429

Comment

State of preservation

Lors de la restauration de 1999, le masque, cassé en deux fragments, a été reconstitué, et les yeux collés.
Le masque a conservé une partie de son cou. Le stuc présente quelques manques. L’oreille gauche, qui était rapportée, a disparu.
La polychromie est très lacunaire, le visage a perdu la presque totalité de sa dorure.

Description

Le masque est celui d'un homme aux cheveux bouclés, portant la barbe et la moustache. Le visage semble être modelé et non pas sorti d’un moule de série.

Les yeux, sertis de verre, sont profondément enfoncés sous des arcades sourcilières prononcées. Le nez plutôt large est bien dessiné, et la petite bouche est à demi dissimulée par la moustache. Les joues et le menton sont recouverts par la barbe.

La coiffure est élégante, faite de mèches souples à l’avant et de courtes incisions à l’arrière. Elle contraste avec la raideur austère des poils de la barbe et de la moustache.

 

Chez les Grecs comme chez les Romains, le port des favoris et de la barbe (discrète) est réservé aux hommes jeunes, de moins de quarante ans. Au contraire, en Égypte ptolémaïque, il existe de nombreuses représentations d’hommes barbus et moustachus, en dehors de la représentation emblématique du dieu Sérapis, créée à partir des effigies de Zeus et Hadès (Buste de Sérapis en marbre, copie romaine d’un original grec du IVe s. av. J.-C., conservé au musée du Vatican, Inv. 689.).

L’empereur Hadrien (117 à 138 ap. J.-C.) met à la mode la barbe et la moustache couvrant les maxillaires et le menton et entourant la bouche (Portrait d’Hadrien en marbre, provenant d’Héraklion en Crète, conservé au musée du Louvre Ma 3131- MNC 2392.).

En effet, quelques masques funéraires d’hommes daté de la première moitié du IIe siècle ap. J.-C. portent la barbe et la moustache (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 122, B48 et p. 124, B50.)

Cette évolution amorcée à l’époque d’Hadrien se confirme par la suite : sur leurs portraits officiels ses successeurs portent tous la barbe et la moustache, de même que les empereurs du IIIe siècle. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 26.)

 

Un exemplaire de masque-plastron conservé à Strasbourg (Université des sciences humaines, Institut d’Égyptologie) est stylistiquement très proche de Co. 3429. (1998 Portraits de l’Egypte romaine, p. 121, cat. n° 71 et photo couleur p. 70.) Bien que la forme du visage soit différente, les yeux incrustés et les traits du visage, ainsi que la technique employée pour la barbe et les cheveux (rendus par des volutes en plâtre) sont semblables. Il est daté du IIe siècle après J.-C.

Outre les portraits de l’empereur Hadrien, le masque Co. 3429 nous rappelle les représentations de philosophes grecs, tels que Socrate, Platon et Aristote ; ces images ont été beaucoup copiées à Rome, notamment au IIe siècle après J.-C. (Buste de Platon en marbre conservé au musée Pio-Clementino du Vatican Inv. 305. Copie romaine d'un original grec du dernier quart du IVe siècle avant J.-C.)

Deux autres masques de la collection Rodin (Co. 660 et Co. 1771) portent la barbe et la moustache, cependant la technique utilisée, et donc le rendu, sont très différents.

 

Le masque Co. 3429 n’a conservé qu’une infime partie de la dorure qui recouvrait probablement, à l’origine, tout le visage. A l’époque romaine, les cartonnages et masques en stuc peuvent en effet être dorés, car l’or évoque la chair imputrescible des dieux. (2012 L’Orient Romain et Byzantin au Louvre, p. 373.)

Inscription

Anépigraphe.

Historic

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

BOREUX 1913 : Villa des Brillants à Meudon, Atelier de peinture vitrine 10, 391, "Très beau masque d’homme, portant la barbe et la moustache, yeux en verre. Plâtre peint en rouge et recouvert d’une dorure en partie conservée. Haut. 30 cent. Estimé mille francs."

Donation Rodin à l'État français 1916.

Historic comment

Ce masque d'homme était exposé dans une vitrine de l'atelier de peinture à Meudon et y fut photographié (musée Rodin, Ph. 830). Alors doré, il suscitait l'admiration du sculpteur :

"De son côté, le caractère hiératique des Égyptiens n'a pas enlevé beaucoup à cette force à la fois cruelle et sereine. Mais il a exprimé davantage l'austérité géométrique de la nature. Les Égyptiens ont conçu le plan sculptural selon la plus évidente géométrie naturelle, pour représenter et inspirer les rêves immenses de ces peuples conquérants. La sculpture s'épanouit ainsi, avec une vigueur qui demeure unique. Les Grecs y ont ajouté la grâce. On distingue immédiatement l'art grec, par cet apport particulier de la grâce, qui les met tellement à part dans l'histoire de l'art antique.

La tête barbue que vous voyez dans cette vitrine avait un masque d'or dont on remarque les traces. Elle est gréco-égyptienne. C'est la tête de Jupiter peut-être. Elle est farouche, et, aussi, gracieuse." (R. Canudo, "Une visite à Rodin", Revue hebdomadaire, 5 avril 1913, p. 35-36.)

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