Pugiliste

Provenance inconnue

Ier – IVe siècle ap. J.-C.

H. 8 cm ; l. 2,9 cm ; P. max. 1,8 cm

Os, humérus ?

Co. 3072

Comment

State of preservation

Cette statuette en os offre une surface particulièrement lustrée. Elle est incomplète puisque les jambes sont cassées, et les pieds manquants. Le support sous le bras gauche est aussi brisé ; Un voile grisâtre semble recouvrir la face, plus marqué sur les parties saillantes, et plus terne dans les creux, tandis qu’au dos, les sédiments bruns abondent. On distingue une petite tache d’oxydation sur l’épaule gauche.

Description

Les jambes et le buste vus de face, le personnage masculin effectue une rotation vers la gauche. Il semble légèrement déhanché, étant en appui sur sa jambe droite. Le reste d’un support, contre lequel vient s’appuyer son bras gauche, confirme cette impression. Sa tête, qui offre son profil droit, surmonte un buste à la musculature développée. Le torse aux épaules rejetées vers l’arrière, concorde avec une possible représentation d’un athlète se préparant au combat. La tête massive à la chevelure courte présente des traits sommairement esquissés. Les yeux enfoncés entourent un nez fort qui surmonte une bouche entrouverte. Sur le torse délicatement modelé ont été mis en valeur les pectoraux, et le nombril signalé par une petite dépression.

 

Des lanières entourent les avant-bras et les bras jusqu’aux doigts. Ces bandes pourraient correspondre à des cestes, gants à courroies de cuir, qui laissaient dépasser les doigts, nécessaires aux pugilistes pour combattre. Cette statuette ne rencontre pas d’équivalent. On retrouve néanmoins la présence de cestes sur une statuette en ivoire du Dumbarton Oaks Institut (BZ.1938.63 : CUTLER 1985, fig. 39-40 p. 40-41). Datée de la fin de l’Antiquité, elle représente le dieu Arès, autour du bras gauche duquel, s’enroulent des lanières de cuir. La fonction de cette statuette ne peut être précisée, d’autant que ses pieds sont cassés, mais il est intéressant de relever que des manches de couteaux en os d’époque romaine sont régulièrement sculptés en forme de gladiateurs (voir les exemples du musée du Louvre : ED 4629 - S 2032 et MNC 878). Il n’est donc pas exclu qu’un manche ait pu être décoré d’une effigie de pugiliste. Datés des premiers siècles de l’époque impériale, ces manches proposent un indice chronologique. En l’absence de contexte de découverte, on peut envisager de dater la pièce du musée Rodin de l’époque impériale, du Ier au IVe siècle ap. J.-C.

 

Comparaisons :

-Washington, Dumbarton Oaks, Institut, BZ.1938.63 (ceste).

Historic

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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