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Applique de mobilier

Néréide

Égypte > provenance inconnue

IIIe-IVe siècle ap. J.-C. ?

H. 2,85 cm ; L. 8,25 cm ; P. max. 0,8 cm

Os, tibia de bœuf ?

Co. 2317

Commentaire

Etat de conservation

Cet élément de placage est brisé sur trois de ses côtés. Seul subsiste le bord senestre. La cassure en partie supérieure suit la courbe du ventre de la figure. La teinte jaune foncé du relief est modulée selon les endroits. Des sédiments subsistent sur les deux faces. D’importants délitements affectent la face principale, notamment sur le buste de la Néréide. Des traces noirâtres maculent le revers.

Description

Ce fragment très altéré appartenait à une applique au format allongé, sculptée d’une Néréide. On reconnaît encore son corps nu aux formes pleines, en particulier son ventre rebondi au nombril précisé par un coup de burin, sa cuisse gauche et sa poitrine. L’état très lacunaire de cette pièce ne facilite pas l’appréhension du sujet. Il semble tout de même qu’on puisse reconnaître le buste de la créature marine près du bord senestre. Bien qu’il soit difficile d’émettre un jugement sur la qualité de facture de la pièce, compte tenu de son état de dégradation prononcé, une certaine maladresse se perçoit d’emblée dans le rendu de l’anatomie féminine.

 

Orientée vers la droite, la nymphe devait sans doute adopter une pose nonchalante, à l’image des Néréides représentées sur une quinzaine d’appliques du musée Rodin. Figurées nues, à l’exception d’un himation ou d’un pan de leur voile recouvrant la cuisse gauche, celles-ci voguent sur les flots, à demi-couchées sur le dos d’un monstre marin, dont le corps n’est souvent que suggéré. On pourra se reporter aux pièces Co. 2044 et Co. 2070 pour se faire une idée plus précise du schéma iconographique, auquel souscrivait la Néréide sculptée sur notre fragment. Le buste assez court, doté d’une poitrine vue de trois-quarts, surmonte un ventre enflé. La projection de cette partie du corps vers le haut, comme la cuisse gauche, induit une déformation anatomique et confère à la Néréide, une posture légèrement instable et peu naturelle. Cette caractéristique se retrouve, dans une moindre mesure, sur l’applique 18749 du musée Benaki (MARANGOU 1976, n° 166 p. 116, pl. 49b), celle anciennement conservée aux Staatliche Museen de Berlin (I 3763 : WULFF 1909, n° 387 p. 112, pl. 18), et sur l’exemplaire F 1956/12.6 du Rijksmuseum van Oudheden de Leyde. Notre spécimen mérite également d’être mis en regard de la pièce fragmentaire découverte sur le site d’Antinoé (O’CONNELL 2014, p. 420, pl. 115 p. 444).

 

Le souci porté au modelé des chairs, et le jeu sur les courbes, inscrivent ce fragment dans une série d’appliques encore tributaires de l’héritage classique. Un parallèle peut être établi avec une applique découverte lors de des fouilles archéologiques conduites à Alexandrie, à l’emplacement de l’ancien Cinéma (RODZIEWICZ 2007, n° 17 p. 71-72, pl. 9, pl. 90-3 ; RODZIEWICZ 2016, p. 87, fig. 86 p. 89). Attribuée au IIIe-IVe siècle par E. Rodziewicz, celle-ci constitue un parallèle intéressant pour notre œuvre. Aussi peut-on proposer de dater cette dernière de la même période.

 

Comparaisons

-Antinoé, mission de l’Egypt Exploration Fund, 1913-1914.

-Athènes, musée Benaki, 18749.

-Berlin, anciennement au Staatliche Museen, I. 3763.

-Leyde, Rijksmuseum van Oudheden, F 1956/12.6.

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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