Masque funéraire de femme

Egypte > Touna el-Gebel.

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. ou première moitié du IIe s. après J.-C. (D’après le style)

[voir chronologie]

Stuc, polychrome à l’origine.

H. 25 CM : l. 16,5 CM : P. 11,5 CM

Co. 3252

Commentaire

Etat de conservation

Le visage est complet, une partie du cou est conservé. Un pli indique peut-être à cet endroit le départ du plastron.
Certaines zones, comme le menton, ont perdu de la matière. La couche de finition est très usée.
Trois mèches de cheveux à droite et deux perles de la boucle d’oreille à gauche ont disparu. Une boucle de cheveux à droite est en partie cassée.
La polychromie a totalement disparu.

Description

Le masque représente une femme à la coiffure de style ptolémaïque. La chevelure, dépourvue de raie médiane, est faite d’ondulations crantées, recouvertes à l’origine par un voile à l’arrière, aujourd’hui en grande partie disparu. Sur le front, les tempes et devant les oreilles sont disposées des boucles torsadées schématiques, et le long du cou pendent de longues « anglaises » (mèches torsadées).

Le visage est d’un ovale assez allongé. La courbe des sourcils et le contour des yeux sont en léger relief, les yeux étaient peints à l’origine. Le nez, relativement grand, est légèrement busqué à son extrémité. La bouche est petite et souriante. La lèvre supérieure est plus importante que la lèvre inférieure. Le menton est marqué d’une fossette. Les oreilles sont sommairement dessinées. Les lobes sont ornés de boucles d’oreilles composées d’un anneau muni de trois perles à l’avant.

 

Le visage est standard, typique de la fabrication en série de Touna el-Gebel. (GRIMM 1974, p. 71 et suivantes.) Il est proche du masque Co. 3250 de la même collection – plus rond, et le dessin de la bouche est un peu différent – et davantage encore du masque AF 12736 conservé au musée du Louvre, à Paris (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 181, F4).

La coiffure est d’inspiration ptolémaïque, typique du Ier siècle après J.-C. Le masque Co. 3246 du musée Rodin en est un autre exemple, à la différence que plusieurs rangées superposées de bouclettes couvrent le front. Le visage, en ovale allongé et uniquement peint, est par ailleurs assez similaire.

Un autre masque analogue – à la fois pour le visage et la coiffure - est le masque fragmentaire AF 12624 du musée du Louvre (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 78, B 4). Sa provenance est inconnue et il est daté de la première moitié du IIe s. après J.-C.

D’autres exemples de ce type de masque, avec des variantes dans le haut de la coiffure (parfois agrémentée d’une couronne de fleurs), sont représentés dans GRIMM 1974, pl. 68-71. Le masque le plus proche est sans aucun doute celui qui est conservé au musée des Beaux-Arts de Dijon, A.F. 801, figuré pl. 69-3.

Cette coiffure ne se rattache à aucune mode romaine contemporaine. Elle semble plutôt symboliser la divinisation de la défunte, identifiée à Isis. (2012 L’Orient Romain et Byzantin au Louvre 2012, p. 374.) En effet, une figure en terre cuite d’époque ptolémaïque, représentant cette déesse, conservé au musée du Louvre (E 28004) porte ces longues torsades héritées de l’époque pharaonique, plus précisément du Nouvel Empire.

C’est par ailleurs une coiffure identique que porte la reine Arsinoé II divinisée, sur une statue en calcaire conservée au Metropolitan Museum of Art de New York, Inv. 20.2.21. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 20.)

Les boucles d’oreilles composées d’un anneau muni de deux ou trois perles à l’avant sont assez fréquemment portées par les femmes à l’époque romaine. On les retrouve représentées en deux dimensions sur les portraits dits « du Fayoum ». (Cf. Louvre N 2733-P 200 : 2012 L’Orient Romain et Byzantin au Louvre, fig. 355 p. 370.)

Inscription

Anépigraphe.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Boreux 1913 : Hôtel Biron, 175 Joli masque de femme, en plâtre peint ayant fait partie d’une cuirasse de momie d’époque gréco-romaine. Les nattes de la coiffure retombent par groupes de quatre de chaque côté du cou. Anneaux aux oreilles ; le menton est légèrement abimé. Long. 35 cent. Environ. Estimé quatre cents francs.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

Commentaire historique

Le masque fut exposé dans une vitrine d'une salle de l'hôtel Biron et figurait sur la photographie prise par Eugène Druet en décembre 1913 (voir images historiques). Il figurait également sur une illustration de l'ouvrage de Gustave Coquiot, Rodin à l'hôtel Biron et à Meudon, publié à Paris en 1917.

 


 

 

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