Masque funéraire de femme

Egypte > provenance inconnue.

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > Ier s. après J.-C. (D'après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychrome.

H. 19 CM : l. 13 CM : P. 10,5 CM

Co. 3246

Commentaire

Etat de conservation

Le visage est conservé, ainsi que le cou et une mèche de cheveux sur le côté gauche.
Un fragment cassé au niveau du cou a été recollé autrefois (une cassure en diagonale est toujours visible). Un bouchage au plâtre renforce le collage au revers.
La polychromie est lacunaire. La ligne brune, soulignant la bouche, signalée lors de l’inventaire de 1913, a disparu.

Description

Le masque représente une femme portant une coiffure de style ptolémaïque : l’avant de la coiffure est constitué de plusieurs rangées de bouclettes superposées, représentées par des carrés gravés dans le plâtre, ornant le front et les tempes, et descendant jusque devant les oreilles. Le reste de la coiffure est plus difficile à interpréter, des incisions en diagonale évoquent peut-être des mèches tressées réunies à l’arrière du crâne. Une mèche de cheveux torsadée est visible sur le côté gauche du visage, elle passe derrière l’oreille pour descendre le long du cou. La coiffure laisse les oreilles dégagées. Grandes et décollées, elles sont ornées de boucles d’oreilles hémisphériques.

Le visage est de forme ovale allongé, presque rectangulaire. Les yeux et les sourcils sont uniquement peints en noir sur une fine couche de stuc, en grande partie disparue.

Le nez est triangulaire, assez large au niveau des narines. La bouche, aux commissures bien indiquées, est plutôt petite.

Il y a contraste entre la qualité picturale du visage et le traitement rapide de la coiffure.

 

La coiffure, d’inspiration ptolémaïque, est caractéristique du Ier s. après J.-C. Elle évoque les perruques de l’Ancien Empire par son volume et le traitement des bouclettes superposées, représentées par des carrés gravés dans le plâtre, comme sur les statues de Sépa conservées au musée du Louvre, A 36 et A 37.

Cette coiffure particulière est connue par de nombreux masques féminins du début de l’époque romaine. Ainsi le masque E 20193 du musée du Louvre, provenant d’Akhmîm (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 57, A 8), a, outre la même coiffure, des similitudes dans les traits du visage. Le haut de la coiffure est fait d’ondulations incisées, surmontées par un boudin de stuc. Les masques AF 12701 et AF 12743, également conservés au Louvre, présentent les mêmes bouclettes carrées sur le haut du front et sont datés de la même époque (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 59-60, A 10 et A 11).

Pour d’autres exemples, avec des variantes dans le haut de la coiffure (parfois agrémentée d’une couronne de fleurs), voir GRIMM 1974, pl. 68-71. On remarque, à chaque fois où elles sont conservées, de longues mèches torsadées qui partent de derrière les oreilles pour descendre le long du cou. C’était peut-être le cas à l’origine sur le masque Co. 3246, comme le suggère la mèche encore visible sur le côté gauche.

 

Co. 3246 se rapproche également du masque Co. 3252 de la même collection. La coiffure ne présente qu’une seule rangée de bouclettes sur le front, mais quelques torsades devant les oreilles, ainsi qu’une longue anglaise qui descend derrière chaque oreille. Le visage était lui aussi uniquement peint. On peut le dater de la même période.

Inscription

Anépigraphe.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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