Masque funéraire d’enfant ou de jeune homme

Egypte > provenance inconnue.

L’époque hellénistique et romaine > Empereurs romains > première moitié du IIe s. après J.-C. (d’après le style)

[voir chronologie]

Stuc polychrome, pâte de verre teintée.

H. 16 CM : l. 12 CM : P. 10,5 CM

Co. 1772

Commentaire

Etat de conservation

Le visage ainsi que la plaque de fond sont conservés. Le masque est cassé au niveau du cou, un fragment de coiffe est encore visible à droite. Le nez est endommagé au niveau des narines.
Les zones de contact entre la plaque de fond et le masque sont peu nombreuses. De la toile est visible dans les interstices.
La polychromie ne subsiste qu’à l’état de traces. L’or, qui est mentionné dans l’inventaire de 1916 : « masque (…) recouvert d’une couche d’or qui subsiste en partie », n’a pas été détecté lors de la campagne de restauration de 1993.

Description

Le masque représente un garçon ou un jeune homme.

La rondeur juvénile du visage est soulignée par la coiffure très schématique, en forme de calotte, faite d’incisions parallèles et régulières.

La tête était ornée d’un voile qui dégage le crâne presque complètement, et dont un fragment est encore visible sur le côté droit, passant sous l’oreille.

Le visage est imberbe. Les yeux, très grands, sont incrustés en verre opaque, teinté de blanc (pour la sclérotique), de noir (pour l’iris) et cerclés de bleu. Les sourcils sont indiqués en léger relief. Le nez est fin et de forme triangulaire. La bouche présente une lèvre inférieure plus étroite que la lèvre supérieure.

Les oreilles, schématiquement modelées, sont placées bas sur le crâne.

 

La coiffure est une version stylisée de celle, sobre et stricte, de l’empereur Trajan (98-117 ap. J.-C.). Voir par exemple la tête de statue Inv. 336 conservée à la Glyptothèque de Munich (cf. AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 23.)

Le musée du Louvre, à Paris, conserve d’autres masques portant la même coiffure, mais présentant des variantes dans la forme et la longueur des stries. Ils sont tous datés de la même période, c’est-à-dire la première moitié du IIe siècle après J.-C. : E 12622 (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 107, B 34), AF 12535, AF 6676 et E 20199 (Ibid. p. 109-111, B 36 à B 38). Certains ont le visage imberbe (comme Co. 1772), d’autres portent la moustache ou la barbe.

 

Un masque quasiment identique – à la différence que les yeux étaient peints et non rapportés – est conservé au musée Allard Pierson, le musée archéologique de l’université d’Amsterdam, sous le numéro d’inventaire APM 7110 (GRIMM 1974, p. 73 et pl. 21, 2).

A la différence de Co. 1772, il a conservé une partie de sa polychromie, peinture noire sur les cheveux, et pigment brun-rouge sur le visage.

Le masque E 21396 du musée du Louvre, à Paris, présente le même visage rond et porte la même coiffure. Bien que les yeux soient lacunaires sur le masque du Louvre, ils sont aussi particulièrement grands et devaient très probablement être incrustés d’une plaquette de verre peinte munie d’un contour de verre bleu. Le masque du Louvre provient d’Antinoé (fouilles d’A. Gayet, 1896-1897) et est également daté de la première moitié du IIe siècle après J.-C. (AUBERT, CORTOPASSI 2004, p. 106, B 33.)

Inscription

Anépigraphe.

Historique

 

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

Donation Rodin à l'État français 1916.

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