Épingle à cheveux à tête bulbiforme

Provenance inconnue

Ier-Ve siècle ?

H. 8,8 cm ; D. max. tête 1,1 cm

Os

Co. 5655

Commentaire

Etat de conservation

L’épingle, dont le matériau offre une tonalité jaune ambrée conserve des sédiments. Ceux-ci se concentrent dans les creux. On les trouve surtout à la jonction de la tête et du corps, et sur le sommet de la tête. La pointe est cassée.

Description

Pourvue d’un corps effilé vers son extrémité, l’épingle se caractérise par une tête bulbiforme lisse, de section circulaire, au volume important. Son diamètre, qui excède un centimètre, ne permettait pas à l’artisan de sculpter l’ensemble dans une seule baguette d’os. Ainsi, la tête façonnée à part, est donc venue s’encastrer sur le sommet de la tige. Elle s’inspire de la forme d’un bulbe d’oignon, mais sa base et son sommet plats semblent indiquer qu’elle n’a pas été achevée. Le col est strié de deux séries de trois moulures.

 

Une pièce analogue en deux parties est répertoriée pour le site d’Augst (DESCHLER-ERB 1998, n° 2091 p. 179, pl. 32). Les deux spécimens retrouvés à Lutèce (DUREUIL 1996, cat. 9 p. 44) présentent une tête dont le stade de finition contraste avec notre élément de parure. Le sommet pointu à double cercle concentrique a été particulièrement soigné, comme la base arrondie. Des exemplaires similaires, mais avec une tête décorée de spires, ont été mis au jour à Rome, lors des fouilles réalisées sur le versant nord-est de la colline du Palatin, entre 1989 et 1994 (ST-CLAIR 2003, n° 457, 460-462 p. 95-96, fig. 31 h-m p. 148, pl. 37 a-c p. 183). Leu tête révèle une base plate. C’est aussi le cas d’une épingle bipartite, à la tête striée de cannelures, du musée de Budapest (BIRÓ 1994, n° 355 p. 34, 90, pl. XXXII p. 170).

 

Bien qu’elles dérivent sans doute des épingles à couronnement en forme de pomme de pin, les épingles à têtes bulbiformes hypertrophiées se caractérisent par une tête plus large que haute. Le mobilier livre une attestation précoce de cette catégorie, assignée au Ier-IIe siècle (DAVIDSON 1952, n° 2305 p. 279, 283, pl 118). D’après S. Deschler-Erb, ce type est particulièrement courant entre 190 et 280 ap. J.-C. (DESCHLER-ERB p. 163-164). Pourtant les pièces à la tête garnie de torsades du Palatin ont été reliées à des contextes du IVe et Ve siècle. Cette typologie paraît donc avoir une durée de vie assez longue, du Haut-Empire jusqu’à la fin de l’Antiquité.

 

Comparaisons

-Augst (inv. 1968.1481 : DESCHLER-ERB 1998).

-Budapest, musée national, inv. 90.1908.121 (BIRÓ 1994).

-Corinthe (DAVIDSON 1952).

-Paris, musée Carnavalet, AY 92/2 – YB 26/13.

-Rome, Fouilles du Palatin (ST CLAIR 2003).

Historique

Acquis par A. Rodin entre 1893 et 1917. Donation A. Rodin à l’État français en 1916.

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