ÉGYPTE > PROVENANCE INCONNUE

ÉPOQUE TARDIVE OU ÉPOQUE PTOLÉMAÏQUE > XXVI– XXXIdynastie > 656 - 30 AVANT J.-C.

[voir chronologie]

BRONZE (ALLIAGE CUIVREUX)

H. : 5,4 cm ; L. : 2 cm ; P. : 1,7 cm 

Co. 1213

Commentaire

Etat de conservation

L’œuvre est en mauvais état de conservation. 

Le métal est oxydé et les détails sont patinés. Il manque l’avant-bras droit. La pointe des orteils est également abîmée. Le socle sur lequel la statuette se tenait a disparu. 

Description

L’œuvre Co. 1213 présente un homme debout les jambes jointes sur un socle conique, la tête légèrement décalée sur le côté droit. Sa main gauche tient contre sa poitrine la figure d’un babouin de face, accroupi sur ses pattes arrière. Le bras droit, plié vers l’avant, devait probablement présenter la paume ouverte vers l’avant en signe d’adoration. 

L’homme a le crâne rasé et porte certainement un vêtement moulant montant jusqu’aux aisselles. Aujourd’hui, aucune trace de tissu n’est visible, pourtant, on note que la démarcation entre les jambes est figurée qu’à partir des mollets ce qui suggère un vêtement long. 

La morphologie de l’homme n’est pas naturaliste. En effet, la tête du personnage, au crâne aplati, est nettement disproportionnée par rapport au reste du corps. Les grandes oreilles décorent un visage ovale. Les yeux fardés sont rendus par deux bourrelets de métal séparés d’une fente. Le nez, large et empâté, surmonte une bouche aux lèvres charnues. Le menton imberbe est rond et la mâchoire est clairement définie. Le cou est trapu et se poursuit sur des épaules larges et horizontales. Les bras, sans détail anatomique, sont fins. Le buste important couronne de petites jambes également dénuées de détails. Les pieds sont très grands et les orteils sont dissociés les uns des autres. 

Les erreurs de proportion morphologiques, ainsi que la légère distorsion de la tête suggèrent une qualité originelle assez pauvre et probablement un travail à la chaine. 

 

La représentation de l’animal qu’il tient respectueusement contre lui est émoussée. Il est néanmoins possible d’identifier un babouin, animal sacré du dieu Thot (sur ce dieu, voir CORTEGGIANI Jean-Pierre, L’Égypte ancienne et ses dieux : dictionnaire illustré, Paris, 2007, p. 543-548). L’animal se tient de face, assis sur ses pattes arrière. 

 

Le crâne rasé recouvert d’une calotte, le visage imberbe associés à la figure du babouin indiquent que la statuette correspond très certainement à l’image d’un prêtre, offrant une figure votive de babouin au dieu (pour une représentation similaire, voir la figurine en bronze ÆIN 784 de la Glyptothèque Ny Carlsberg de Copenhague (cf. JØRGENSEN Mogens, Catalogue Egypt V. Egyptian Bronzes Ny Carlsberg Glyptotek, s. l., Ny Carlsberg Glyptotek, 2009, n° 97.1, p. 282-283). Les statuettes 37.552E du Brooklyn Museum et 7434 du musée égyptien de Berlin présentent toutes deux cet exemple de prêtre de Thot (pour une présentation de ce dieu, voir l’œuvre par exemple conservée au musée Rodin, Co. 795). D’autres exemples, assez rares cependant, ont été retrouvés serrant une autre figure divine, notamment l’œuvre 30.8.98 du Metropolitan Museum of Art sur laquelle il s’agit d’une déesse. 

Roeder évoque la possibilité que ces petites statuettes faisaient parties d’un ensemble plus grand, peut-être accompagnés d’un dieu (cf. ROEDER Günther, Ägyptische Bronzewerke, Glückstadt, 1937, p. 40, § 169). Leur fonction pour autant n’est pas encore définie. L’absence de bélière sous-entend qu’il ne s’agit pas d’une amulette portée autour du cou des prêtres signifiant leurs prérogatives. 

Œuvres associées

Les collections du musée Rodin conservent une autre œuvre en bronze qui représente un prêtre tenant une figurine de babouin sur la poitrine, Co. 2367

Inscription

Anépigraphe. 

Historique

Acquis par Rodin entre 1893 et 1913.

 

BOREUX 1913 : 375.

 

Donation à l’État français en 1916.

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